J’ai des documents qui peuvent interresser Clement Becle
Entretien avec Clément Bècle, (toujours) étudiant en médecine et généablogueur
- De Elisabeth


C’est avec grand plaisir que nous accueillons pour la deuxième fois, dans notre rubrique consacrée aux personnalités du monde de la généalogie, le généablogueur Clément Bècle. Si vous ne connaissez pas encore son blog, allez donc lire par exemple les quelques articles pour le Challenge AZ, en particulier le chapitre F. Vous comprendrez vite pourquoi Clément est un blogueur incontournable dans le paysage généalogique français.
Notre premier entretien date du 25 juillet 2012, votre blog a beaucoup changé depuis. Comment a-t-il évolué depuis cette date ?
Notre entretien date d’il y a quelques temps, en effet. J’ai beaucoup évolué depuis trois ans, et genbecle.org, comme le reflet de ma personnalité, a également changé. Dans le design, bien entendu (je change le design du site une fois par an environ, pour ne pas me lasser) mais aussi, et c’est le plus important, dans le contenu.
En me replongeant dans les archives, je constate que certains articles de genbecle.org dont je suis le plus fier sont postérieur à notre premier entretien.
D’abord, je suis heureux d’avoir été l’un des premiers à présenter gennus et brozer, deux starts-up française qui, si elles se développent lentement, sont basées sur des philosophies de recherche très intéressantes. Je me suis approprié ces philosophies dans mon travail généalogique, et dans ma conception de la généalogie. La source, c’est le document. Tout doit partir de là, il est la pierre angulaire de notre travail, le seul signe indirect d’une réalité passée. C’est la philosophie de Brozer, et maintenant la mienne. Si bien qu’aujourd’hui, je ne dis plus que « je rentre des données dans mon logiciel de généalogie », mais plutôt que « j’importe et que j’indexe des documents généalogiques ». Au-delà d’une façon de parler, c’est vraiment ma façon conceptuelle de travailler qui a évolué.
Ensuite j’ai écrit quelques articles que j’aime bien également, sur ce que j’imagine être le futur de la généalogie technologique : des logiciels qui deviennent mobiles grâce au cloud et à des web-applications, des sites internet qui deviennent des logiciels de généalogie via des web-apps, et ainsi la convergence de plusieurs univers autrefois bien distincts. Quelques-uns de ces articles parfois d’anticipation m’ont donné raison, pas tous.
Enfin, et peut-être surtout, j’ai évolué dans un univers plus personnel, plus intime avec les quelques articles du challenge AZ de 2014. J’ai commencé (et je compte bien continuer) à rédiger l’histoire romancée des Bècle. Un peu à l’image de la bande dessinée Les maîtres de l’orge, j’ai écrit une fiction dont les éléments clefs sont réels (les dates de naissance, les lieux, les personnages sont issus de documents généalogiques), mais dont l’histoire vécue entre ces dates est fantasmée. Évidemment avec les archives et nos travaux de recherche il est impossible de connaitre le caractère de ces individus, leur vie au quotidien, et c’est ça que j’ai essayé d’imaginer. J’ai vraiment été pris par ces histoires, j’ai vraiment aimé les écrire. Même si ce n’était pas évident.
Vous étiez alors étudiant en médecine. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Eh bien, je suis toujours étudiant en médecine. J’étais à l’époque externe à Grenoble, je suis aujourd’hui interne de cardiologie à Lyon. Une suite simple.
Votre blog a un contenu très riche avec diverses parties et sous-parties, écrivez-vous au gré de vos envies ou bien essayez-vous de suivre un plan de travail ?
La vérité, c’est que j’aimerais suivre un plan de travail. Mais je ne peux pas. Je pense que j’ai trop de travail à côté de la généalogie pour m’astreindre un rythme, un objectif dans mes loisirs. Plus jeune, j’y arrivais. Aujourd’hui non. Aussi, j’écris sur genbecle au gré de mes envies, de mes réflexions, de mes émotions. Pourtant des plans de travail, j’en ai plein ! Des objectifs que je me donne en début d’année, des projets que j’essaye de mener, le geneatheme, le challenge AZ, ce n’est pas ça qui manque pour motiver les troupes ! Mais en fait, non, je n’en fait qu’à ma tête. Je virevolte parmi mes ancêtres, je sautille entre les époques. C’est tout ce que je fais. C’est déjà pas mal.
Parlez-nous du projet Sources et du projet THMPF1418…
Le projet #Sources, c’est un projet qui m’aide à me concentrer sur les individus de mon arbre et non pas sur des individus exotiques. En pratique, l’objectif est pour chaque SOSA d’importer le document généalogique, la preuve de sa naissance, de son mariage, et de son décès. Simple en apparence, mais à la base de notre travail. En pratique, ce sont donc des cases que je coche à chaque fois qu’un document généalogique est importé, l’objectif étant de toute les cocher.
Ce projet a d’ailleurs un autre avantage, non négligeable, c’est finalement de recommencer ma généalogie de zéro (comme certains généablogueurs l’ont évoqué récemment) sans recommencer de zéro. Lire des actes parfois connus mais avec de l’expérience en plus, de la compréhension en plus.
Le #ProjetTHMPF1418 c’est (ou c’était, je ne sais pas trop) un projet d’indexation collaboratif d’un ouvrage trouvé sur Gallica très intéressant. Un livre, un tableau d’honneur, de soldats morts pendant la Guerre 14-18. Un peu comme celui du journal l’Illustration. L’indexer pour permettre aux descendants de ces soldats, par une simple recherche Google au nom de leur ancêtre, de trouver une petite biographie et une petite description de leur fait d’armes. Une façon de redonner vie à quelques soldats. Et de faire revivre un ouvrage probablement un peu oublié.
Malheureusement j’ai trop de mal à le porter, je n’en ai pas le temps.
Un lecteur arrive pour la première fois sur genBecle, où voudriez-vous qu’il commence sa découverte de votre blog ?
Si le lecteur arrive pour la première fois, il a besoin d’un algorithme pour le guider vers ce qui l’intéresse le plus.
Voici cet algorithme :
Quel est le projet qui vous tient le plus à cœur et sur lequel vous aimeriez pouvoir travailler en 2015 ?
Je ne me rappelle déjà plus ce que j’ai écrit comme résolutions en janvier… C’est dire si je vais les suivre.
J’aimerais faire le #ProjetTHMPF1418 avant la fin du centenaire de la guerre. Je serais content. Mais j’ai peur de n’en avoir pas le temps. Sinon, je laisse quiconque s’en sentant capable de reprendre ce projet. J’y participerai avec mon temps disponible. Ce projet finalement n’est pas le mien à moi rien qu’à moi. Il est à tout le monde. Si certains veulent reprendre le flambeau, qu’ils le fassent. J’en serais plus que ravi.




Antoine B
9 mai 2015
Je n’avais pas encore pris le temps de zoomer sur l’algorithme.., amusant! 🙂