3    fév 20137 commentaires

Entretien avec Benoît Petit, généalogiste blogueur

Aujourd'hui dans le cadre de notre rubrique sur les acteurs du monde de la généalogie, nous avons le plaisir d'accueillir le généalogiste Benoît Petit, auteur du blog 'Mes racines Familiales'. Voici le portrait d'un jeune généalogiste qui nous dévoile un pan de son histoire familiale, riche en énigmes !

Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Je m'appelle Benoît Petit et je viens d'avoir 35 ans. Originaire de Bourges dans le Cher, je suis en région parisienne depuis un peu plus de 10 ans. Juriste de formation, j'ai étudié à Bourges, Tours, puis au Danemark en droit des affaires et en droit européen.

Benoit Petit

Mes racines sont lorraines du côté paternel (Meuse, Vosges, Meurthe et Moselle, mais aussi champenoises (Haute-Marne, Ardennes) et plus encore, avec des ancêtres dans le Tarn et Garonne et l'Aveyron. Du côté maternel, mes origines sont essentiellement berrichonnes, et solognotes (Loir et Cher, Cher, Indre et Creuse).

Passionné de généalogie depuis mon adolescence, j'ai créé mon blog 'MesRacinesFamiliales' , voilà bientôt un an, pour partager mes découvertes, mes questionnements mais également effectuer la veille sur l'actualité généalogique via les réseaux sociaux. Je suis très intéressé par l'Histoire mais aussi la «petite » histoire, à savoir le quotidien de nos ancêtres, celui qu'on ne voit pas forcément en lisant simplement un acte d'état civil. Je fais en sorte notamment de collecter les vieux documents familiaux (état-civil, photos...) pour les conserver.

Quelle est votre activité actuelle ?

Je suis actuellement juriste marchés publics à la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse (Sécurité Sociale), après avoir été chargé de marchés publics en mairie et au Muséum National d'Histoire Naturelle.

Cela consiste à lancer des consultations auprès des entreprises pour l'achat de fournitures diverses, de services (assistance, conseil, location) mais aussi pour effectuer des travaux (d'entretien le plus souvent), le tout après avoir rédigé un cahier des charges, un règlement...

Une fois l'analyse des offres validée par une commission, un marché public est conclu avec l'entreprise retenue.

Un code des marchés publics décrit les différentes procédures à appliquer (appel d'offres, marché négocié...) suivant le type d'achat et le montant estimé. Je viens en appui des services techniques et je règle également les éventuels litiges avec les différents titulaires de marchés publics.

'Ernest Jacob, un de mes ancêtres, avec sa grand-mère Catherine Vibrac (fin des années 1860) : la plus ancienne photo en ma possession.'

Comment est né votre intérêt pour la généalogie ?

Mon intérêt pour la généalogie vient de mes grand-parents paternels dont je ne connaissais pas les origines. Ils me parlaient souvent de leur Meuse natale, des communes d'Euville et Lérouville, de cousins éloignés.

J'allais également en vacances avec eux dans la maison familiale à Brauvilliers dans la Meuse. Tout le monde était plus ou moins cousin dans le village. De là est sûrement venue ma curiosité sur la famille. J'ai alors commencé à dessiner un arbre avec eux et j'ai remonté de fil en aiguille en écrivant aux diverses mairies, en cherchant dans les vieux papiers qu'ils détenaient.

J'ai fait de même du côté de ma mère, en questionnant les grand-parents qui donnaient des anecdotes au fil de l'eau. Je me suis aussi attaché à comprendre les liens qui unissaient certains cousins à notre famille ; mes grand-parents ont ainsi découvert l'origine de certains liens familiaux, quelque fois éloignés.

Au bout d'un certain moment, j'ai été surpris de voir que ma grand-mère maternelle connaissait les noms de ses arrières grand-parents mais elle ne m'en avait pas parlé auparavant, sans savoir qui lui avait conté l'histoire de la famille. Décédée peu de temps après, je n'ai pu malheureusement en savoir plus.

'Eugène Petit, mon arrière grand-père, à Paris, après avoir survécu aux combats du Bois-le-Prêtre.'

Quel est l'origine de votre nom de famille ?

Le plus vieil ancêtre PETIT connu est Claude PETIT né le 6 juin 1683 à Andilly (Meurthe et Moselle) à côté de Toul. Il était le fils de Mansuy et Marguerite Lallement. Ses descendants étaient quasiment tous charrons de père en fils, voire maître charron pour Jean PETIT dans les années 1730-1740. Pour remonter plus loin, il serait nécessaire d'étudier les archives notariales.

On peut supposer que le premier ancêtre porteur du nom était le plus petit du village :-) . Le nom de famille du côté maternel est TROTEREAU, nom solognot, qui serait d'après 'Les noms de famille et leurs secrets' de Jean-Louis Beaucarnot, le surnom d'un garçon d'écurie.

'Paul Trotereau en 1875, avec son tambour, à l'armée. Le tambour est toujours en notre possession !'

Quelle est la ou les découvertes les plus marquantes que vous avez faites sur votre famille ?

Une des premières découvertes, qui a éveillé ma curiosité, est la profession de mon ancêtre Jean PETIT évoqué ci-dessus, à savoir maître charron. J'ai alors appris en quoi consistait le métier de charron et quelles étaient les étapes pour être maître dans une corporation.

Après être apprenti, l'artisan devient compagnon. Il doit alors, en principe, effectuer un Tour de France (selon si sa famille est déjà ou non dans la corporation). Enfin, il peut devenir maître dans sa profession. J'aimerais savoir s'il a réellement fait ce « Tour de France », quelle oeuvre il a effectué. La réponse est sûrement dans les archives professionnelles et du compagnonnage. A son mariage en 1750 à Toul avec mon ancêtre Marie Saleur, étaient d'ailleurs présents comme témoins, un maître vitrier et un maître menuisier.

Une autre découverte, fût celle de Marie-Anne SORELAS, épouse d'Auguste Morisot à Rigny la Salle dans la Meuse, dont l'acte de naissance à Nancy mentionna son abandon par ses parents devant l'hospice de la Ville. Je suis allé rechercher son dossier d'abandon dans les archives hospitalières à Nancy mais je n'ai malheureusement pas trouvé le sien. J'ai cependant trouvé ses familles d'accueil.
La mère de son époux, Catherine MONNET, est quant à elle, née à Raon L'Etape dans les Vosges. Elle s'est mariée avec son patron, Nicolas Morisot, de 20 ans son aîné, et dont elle était enceinte. Deux ans plus tard, ledit Nicolas s'est noyé en revenant de la foire de Vaucouleurs, alors que Catherine allait accouché de son deuxième enfant. Catherine a alors disparu...dans les Pyrénées où elle est décédée en 1818... sous un faux nom. J'aimerais comprendre la raison de ce faux nom...as-t-elle fui quelque chose? S'est-elle remariée?
J'ai fait, bien entendu, d'autres découvertes avec d'autres énigmes, et c'est ce qui fait le suspense en généalogie.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre blog ?

C'est en allant sur les réseaux sociaux que j'ai perçu les avantages de créer un blog lié à l'histoire familiale. Ma vision du blog est plus liée aux anecdotes sur mes ancêtres, des observations sur la vie quotidienne, mais aussi tout ce qui est en rapport avec la généalogie : histoire communale, photographies, actualité généalogique, documents familiaux...le but est surtout de faire partager mes découvertes mais aussi, quelquefois, de demander conseil!

Je viens d'ouvrir également un blog consacré aux photos de famille afin de les faire découvrir à mon entourage: http://mesracinesfamiliales.tumblr.com/

Le permis de conduire de mon arrière-grand-père en 1920

Un conseil pour les généalogistes débutants ?

Il est important pour les débutants de consulter les plus anciens de la famille avant de foncer vers les sites de recherche en ligne. Il faut d'ores et déjà connaître toutes les personnes composant la famille, examiner les photos, demander les livrets de famille, etc...C'est quand les plus anciens sont encore présents qu'il faut en profiter pour glaner les infos, et ne pas hésiter à leur demander, même si pour certaines, les choses doivent rester secrètes. On y apprend déjà beaucoup et pas seulement en anecdotes. Il faut également s'organiser et faire une fiche personnelle avec tout ce qu'on peut savoir sur la personne concernée.

En découvrant sa famille et ses ancêtres, on apprend et comprend beaucoup de choses et on débouche vite sur la psychogénéalogie.

Enfin, il faut partager ses expériences et faire la connaissance des autres passionnés via les réseaux sociaux notamment.

Commentaires (7) Trackbacks (1)
  1. Encore un témoignage intéressant et très riche !

    Bravo pour cette rubrique.
  2. Bravo on attend encore plus...
  3. Merci Benoit et bravo pour cet entretien qui nous permet de mieux te connaître ! En plus de ta curiosité et de ton goût de l’enquête, je retiens le rôle de tes grand-parents dans l’éveil à la généalogie, leur place dans la transmission de l'histoire familiale. Quel plaisir de partager les découvertes avec les anciens et de répondre à notre tour à leurs questions ! Amicalement.
  4. Merci à vous tous pour nos échanges toujours aussi passionnants via les réseaux sociaux :) oui le partage avec les anciens, et mes grand-parents en particulier m'a permis de mieux les connaître, ne les voyant pas très souvent
    Bien amicalement à tous
  5. Oui c'est vrais c'est très intéressant de s'approfondir dans la généalogie des temps passés et actuelle.
    Il faut vraiment une recherche accompagner de document pour éliminer le doute.
    Les investigations par le questionnement des personnes âgées qui restent encore en vie enrichie notre arbre.
    Merci benoit
  6. De bien passionnantes investigations menées avec talent. Bravo!
  7. Merci beaucoup :-)

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