Entretien avec le généalogiste Stéphane Cosson

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Dans le cadre de notre rubrique sur les personnalités de la généalogie, nous accueillons Stéphane Cosson, généalogiste professionnel aux multiples facettes. Voici son portrait. 

Présentez-vous-en quelques lignes 

Je suis généalogiste professionnel installé depuis août 2000. Les recherches pour mes clients portent principalement sur la nouvelle région Occitanie. J’ai une formation en techniques d’archives, en documentation, en histoire, en anthropologie de la famille, en sociologie appliquée au développement local et en gestion.

Je fais de la généalogie à titre personnel depuis l’âge de 13 ans.

Quelle est votre activité actuelle ?

Actuellement, outre ma participation de temps en temps (le plus régulièrement que je peux) à l’émission de généalogie de Radio Mon Païs, je donne des cours à l’Université de Nîmes dans le cadre du DU « Généalogie et Histoire des familles », quasiment toute l’année scolaire. Ce DU peut se faire à distance ou sur place. Ceux qui sont sur place rédigent un mémoire collectif après avoir effectué des recherches tous ensemble sur un personnage d’origine gardoise. Je crois que c’est l’une des particularités de cette formule. L’année dernière, ils ont ainsi travaillé sur Pierre François Picaud. Ce Gardois, dont Dumas affirme qu’il s’est inspiré de son histoire pour écrire « le Comte de Monte-Cristo » a-t-il bien et bien existé ? C’était le défi qu’ils devaient relever. Cette année, ils feront des recherches sur un médecin né à Alès au XVIIIème siècle : François Boissier de Sauvages de Lacroix.

L’Université est en train de mettre en place un nouveau DU pour aider les professionnels à s’installer. Un DU court en termes d’horaires pour qu’ils acquièrent le minimum de connaissances en gestion et en marketing, qu’ils puissent faire une étude de marché et choisissent la formule juridique dans laquelle ils s’installeront en connaissant les avantages et inconvénients de chacune. C’est important.

Avec ma collaboratrice, nous faisons bien sûr des recherches pour les particuliers, principalement sur la région Occitanie comme je l’ai dit au-dessus. Nous transcrivons aussi les documents que l’on nous envoie. C’est ce qu’on appelle la paléographie. La plupart du temps, ce sont des textes relatifs à la généalogie. Mais pas toujours !

Ainsi, nous avons transcris un inédit du philosophe Charles Fourier, paru ensuite aux éditions Fata Morgana pour la version la plus longue et dans les Cahiers Charles Fourier pour une deuxième version. Un inédit de Sade que nous avons transcrit est paru dans la revue du laboratoire de littérature comparée de l’Université de Thessalonique.

Avec Gérard Panisset et un étudiant de l’Ecole des Chartes, Jean Hennet, a été transcrite la thèse de médecine d’un philologue grec : Adiamantos Coray. Si le nom ne nous dit rien en France, il faut savoir qu’en Grèce c’est un héros national car ses écrits ont permis à ce pays de se libérer du joug turc au XIXème siècle. Cela va paraître aux Belles Lettres cette année.

Je suis en train de mettre en place deux produits innovants : le premier s’intitule PADAWAN (en référence aux apprentis Jedi de Star Wars) pour aider les généalogistes professionnels débutants à se poser les bonnes questions et surtout à trouver des réponses. Quelle que soit la question : prestations, charte graphique, nom commercial, cartes de vœux, contrats…… Cette aide d’un professionnel installé en direction d’un professionnel qui s’installe est très importante à mes yeux. D’où cette référence à une forme d’apprentissage puisque l’apprentissage en lui-même, tel qu’il est organisé en France, n’est à ma connaissance pas possible pour notre métier. Donc il fallait le mettre en place différemment.

Le deuxième s’appelle PLATO, en collaboration avec la Chambre de Commerce et d’Industrie du Tarn. Le but est qu’une dizaine de généalogistes professionnels se réunissent une fois par mois pendant 10 mois, pour réfléchir, aidés à chaque fois d’un expert, sur une partie de notre métier pour développer peu à peu nos compétences d’entrepreneurs et voir comment nous pouvons nous développer encore.

Quelle est l’origine de votre nom de famille ?

Mon nom de famille vient d’un mot latin (qui viendrait lui-même de l’étrusque d’après ce que j’en ai lu) : coctio, onis. Ce mot a plusieurs significations : digestion (Pline l’emploie dans ce sens), ragoût pour la Vulgate, cuisson pour Paul Diacre, colporteur et courtier, toujours pour Paul Diacre. Je ne sais pas quels sont les liens entre le côté culinaire et le côté vente mais c’est assez étrange.

Mon nom est aussi le nom d’une rivière qui arrose le château du Lude et Chambord. Il a un défluent : le Vieux-Cosson. Il s’agit d’un bras qui se forme sans rejoindre le cours principal et qui se jette lui directement dans la Loire, contrairement au Cosson qui se jette dans le Beuvron, un affluent de la Loire.

On trouve des Cosson en Provence, en Alsace-Lorraine, en Angoumois et en région bordelaise mais la plupart se situent dans le Centre et en Bretagne. La légende dit que les souches se seraient séparées au moment du bon roi René.

Mes ancêtres paternels se partagent entre la Loire-Atlantique et la Vendée.

Comment est né votre intérêt pour la généalogie ?

Il est né d’un accident. Je me suis cassé le bras lors d’une séance d’équitation juste avant l’été. Il était prévu que j’aille à la mer tout l’été. Ce n’était plus possible. Il me fallait occuper mon été. J’en ai profité pour me lancer dans la généalogie, poser à plat toutes les histoires que j’entendais raconter dans ma famille, après m’être fait les dents sur la généalogie des dieux grecs et sur celle des rois de France. J’avais alors 13 ans.

Quelle est votre découverte généalogique la plus marquante ?

Il s’agit de Rose Esquilat, une de mes ancêtres maternelles. Elle a été mariée à l’âge de 10 ans et s’est retrouvée mère à 11. Quand la Révolution Française arrive, elle vient d’être veuve et est enceinte de son quatorzième enfant. Elle décide alors de marier sa fille aînée avec son neveu (mariage entre cousins germains donc). Résultat : à 28 ans, elle est grand-mère. La cinquantaine arrivant, elle épousera un petit jeune de 20 ans.

Une vie particulière et peu banale. Si on pouvait avoir un chouchou en généalogie, dans nos ancêtres, je crois que ce serait elle.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre blog ?

Genealogieblog, qui s’appelle désormais Cosson-genealogieblog depuis que j’ai changé de fournisseur, est un blog que je tiens depuis bientôt 11 ans. De plus en plus, dans mes écrits, je m’oriente vers une réflexion sur mon métier pour pouvoir le faire connaître, donner envie de faire appel à nous. Et faire réfléchir aussi mes confrères sur ce que nous pouvons apporter. Nous sommes des entrepreneurs et on a trop tendance à l’oublier.

J’essaie d’écrire un article par semaine.

Un conseil pour les débutants ?

La généalogie est un exercice de patience et de persévérance. Il ne faut donc pas se décourager si on ne trouve pas et aller jusqu’au bout des hypothèses que parfois on peut poser. Ne pas se contenter de les poser mais vraiment réfléchir jusqu’au bout.

J’ai parlé à mes étudiants à distance de cette année d’un cas familial. Le livret de famille me donnait la naissance et le décès le même jour d’un enfant de sexe féminin prénommé Jeanne. Quand je suis allé chercher les actes à l’état civil, pas de Jeanne mais un garçon prénommé Léon à la place. Ah ! Lequel je choisis ? Direction les archives de la paroisse pour voir qui a été baptisé ou ondoyé pour que je puisse faire le choix entre ces deux enfants. C’était Jeanne. L’état civil était erroné. Je ne serais pas allé jusqu’au bout de ma réflexion, j’aurais pu croire qu’il y avait des jumeaux.

Il ne faut pas se contenter de ce que l’on trouve sur Internet. Il faut aussi aller en salle d’Archives découvrir d’autres documents pour compléter l’histoire de nos ancêtres. Toujours aller aux sources, toujours tout vérifier. Ne pas prendre pour argent comptant ce qui est dans les sites de généalogie, surtout si la source n’est pas mentionnée.

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  • plotu


    1 février 2017

    Je recherche la famille boulfray; je suis née le 31 mai 1946 à bousse 72. Ce sont les arriere- grands-parents de la génération et cousines et cousins.

  • plotu


    1 février 2017

    j’ai oubliée, mon nom de jeune fille est boulfray

  • frisch


    1 février 2017

    je recherche de baud je suis nee 1804 alzey grand duche sous le non de frisch louis joseph

  • Patrick FERRAT


    2 février 2017

    Bonjour Monsieur COSSON, au 3eme para de l’article ci-dessus vous parlez de certains aspects de l’origine de votre nom de famille.. Mon nom de famille est FERRAT dont j’ai deja les explications sur le sens que certains lui attribuent.Mais malgre mes nombreuses recherches je n’arrive toujours pas a savoir depuis quand existe ce patronyme et quel en est l’origine, est-ce etrusque ? ,est-ce celtes? est-ce gauloise ? etc..etc… Le plus loin que j’ai pu retracer c’est l’exitence d’une Eremburge FERRAT ( 1130-1160) epouse d’un Evrard de BRETEUIL de la region de Beauvais …. Ce E.de BRETEUIL a meme participe a une croisade…. La plus importante souches de FERRAT dont je desends,se trouve dans la region PACA et on retrace une autre tres vieille souche en Suisse. Si vous avez une idee ,merci d’avance de me dire a quel a saint me vouer pour continuer mes recherches….
    Bien cordialement,
    Patrick FERRAT,Ile Maurice.Ocean indien. ( 76 ans)