‘Mes Racines en Vénétie’ : entretien avec Nathalie Vedovotto

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Dans le cadre de notre rubrique sur les personnalités de la généalogie, nous nous rendons aujourd’hui en Italie avec Nathalie Vedovotto, de  »Mes Racines en Vénétie’. Voici le portrait d’une généalogiste savoyarde lancée sur les traces de ses origines italiennes.

Présentez-vous en quelques lignes.

Je suis une savoyarde partie travailler en Lorraine, comme les petits ramoneurs d’autrefois. Mes racines familiales sont ancrées en Savoie du côté maternel et en Vénétie du côté paternel. C’est cette composante italienne que j’étudie dans mes recherches généalogiques.

Quelle est votre activité actuelle ?

Je travaille au CNRS, en tant qu’ingénieure spécialisée en recherche et analyse de l’information scientifique. Mon activité professionnelle et ma passion nécessitent donc au moins deux caractéristiques communes : la curiosité et l’esprit de déduction.

Comment est né votre intérêt pour la généalogie ?

J’ai grandi dans la région d’origine de ma famille maternelle, dont j’ai naturellement appris à connaître l’histoire et le mode de vie. A l’opposé, mon père me parlait peu de sa vie et de sa famille en Italie. Dans mon enfance, j’avais conscience de cette différence dans la transmission de mon histoire familiale. Au fur et à mesure de l’avancement des travaux de ma tante concernant  l’arbre généalogique de ma branche maternelle, le déséquilibre entre mes connaissances relatives aux deux branches de ma famille m’est apparu de plus en plus évident. Et c’est ainsi qu’un jour j’ai décidé de commencer des recherches sur l’ascendance de mon père. Comme la grande majorité des généalogistes, j’ai été très rapidement et irrémédiablement contaminée par le virus de la généalogie et par l’envie de découvrir non seulement des noms et des dates, mais aussi le quotidien de ceux qui m’ont précédée.

Quelle est l’origine de votre nom de famille ?

Mon nom de famille, Vedovotto, est d’origine italienne et signifie “le fils du veuf” (“vedovo” est l’équivalent italien de “veuf”). Avant de porter ce patronyme, ma branche paternelle était nommée De Cogno. La transition entre les deux formes s’est opérée progressivement, à partir de la fin du XVIe siècle, mais je n’ai pas encore réussi à identitifier ce veuf. Mes recherches m’ont amenée à constater que mon patronyme est très rare, y compris en Italie. Il se pourrait même que tous ses porteurs actuels descendent d’un ancêtre commun, originaire du village de mes ancêtres, Borso del Grappa. Je profite donc de ce portrait pour lancer un appel aux Vedovotto du monde entier : si vous êtes intéressés par vos racines, contactez-moi ! Cet appel concerne aussi les variantes orthographiques comme Vedovoto, Vedvoto ou Veduvotto, présentes actuellement dans certains coins du globe, comme au Brésil.

Novembre 1595, à ce jour ce baptême comporte la plus ancienne mention de mon patronyme que j’ai vue écrite.

Quelle est votre découverte la plus marquante ?

Même si selon La Bruyère “Tout homme descend à la fois d’un roi et d’un pendu », je n’ai encore trouvé aucun des deux parmi mes ancêtres. J’ai néanmoins découvert un détail qui possède au moins autant de valeur à mes yeux : entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XXe siècle, l’une de mes AAAAA-grands-mères était sage-femme. En 1823, alors qu’elle était âgée de 74 ans, elle a assuré la mise au monde de son arrière petit-fils, qui se trouve être l’un de mes AA-grands-pères.

14 juin 1823 : baptême de mon arrière-arrière grand-père Giovanni Sebastian Vedovotto (écrit "Vedooto"), fils de Luigi et Antonia Zago. En fin d'acte, mention du nom de Maria Mogno en tant que sage-femme (ostetrice). C'était l’arrière grand-mère du nouveau-né et donc mon aïeule elle aussi.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre site ‘Mes Racines en Vénétie’ ?

Ce site est né en 2011, de mon envie de partager mes découvertes avec d’autres passionnés. J’avais auparavant publié mon arbre généalogique et un début de chronique familiale sur un portail de généalogie, mais je souhaitais plus de liberté dans la forme. Outre mon arbre et ma chronique, j’ai inclus dans mon site un annuaire de liens que j’espère utiles à ceux qui cherchent leurs ancêtres en Italie, quelques dépouillements et un blog. Ce dernier n’a vraiment pris son envol que lorsque j’ai participé à l’édition 2013 du “ChallengeAZ” proposé par “la gazette des ancêtres”.

Mon site m’a permis d’être retrouvée par des “cousins”, en France et ailleurs dans le monde, du fait de l’émigration massive des Italiens à partir de la fin du XIXe siècle. Certains des articles de mon blog m’ont permis d’être contactée par la maison d’éditions “Archives et Culture”, qui m’a proposé d’écrire le guide “Retrouver ses ancêtres italiens”, paru au printemps 2014.

Un conseil pour les généalogistes débutants ?

Des conseils qui n’ont rien de très original mais qui valent la peine d’être répétés : soyez curieux et ne négligez aucune piste, notez toujours les sources des informations que vous trouvez et faites des sauvegardes de vos fichiers !

Mes racines en Vénétiehttp://www.venarbol.net
Fil de veille sur la généalogie italiennehttp://www.scoop.it/t/genealogie-italienne

Fil de veille sur la Savoiehttp://www.scoop.it/t/savoie-d-hier-et-d-aujourd-hui

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  • Monique F.


    23 octobre 2014

    Quel réconfort de savoir que tu es si brillamment entrée dans le cercle de ceux qui cherchent à savoir d’où nous venons pour tenter d’éclairer le chemin où nous allons…
    Ta tante qui t’aime.

  • Ganot Thierry


    13 novembre 2014

    Bonsoir Madame. Tout d’abord recevez mes félicitations pour votre immense travail. Du côté paternel mes racines sont sarthoises : mon ancêtre le plus lointain est né en 1540. Du côté maternel par contre, j’ai peu d’éléments faute de temps pour moi à l’époque et de renseignements : mon Grand-Père Leonardo Blarasin est né à Vitto d’Asio (province d’Udine ou de Pordenone?) dans les années 1890, et a épousé Lucia Blarasin (son nom de jeune fille). La famille (mes grands parents, ma maman Dora et ma tante Alice, sauvée en 1918 d’une méningite par un médecin militaire autrichien) a émigré en France au début des années 1920. Je sais aussi que mon Grand Père a combattu comme chasseur alpin grade sergent major, entre 1915 et 1918 dans l’armée italienne (renseignement oral), mais par contre je possède son brassard de conscrit aux couleurs de l’Italie avec une date 1896. Mes grands-parents reposent en France, je possède donc sur leur tombe leurs années de naissances et décès. Je sais aussi que mon Arrière Grand Père était tailleur de pierre, et était surnommé le russe. Il avait en effet travaillé dans l’Empire Russe à des ouvrages d’art ferroviaires, notamment près du lac Baïkal. Il avait ramené du numéraire russe et le pouvoir bolchevique a refusé d’honorer sa créance. Ma Tante et Maman ont au final touché une petite somme, après une négociation d’état à état je crois. Un samovar et le numéraire sont les témoins de cette épopée. Je compte établir un plan de bataille pour aller plus loin, y compris si nécessaire en me rendant en Italie, pour consulter des sources non numérisées, et faire connaissance du village et de ses habitants. Respectueuses salutations. Thierry Ganot.

  • Benoit D.


    14 novembre 2014

    Bonjour,

    Je fais également des recherches généalogiques sur les ancêtres italiens de ma compagne. Originaires de San Pellegrino, dans la région de Bergame. Par contre mes recherches n’ont vraiment pas été concluantes. Auriez-vous un site ou plusieurs pistes à conseiller ? Merci

  • Pierre MALHIERE


    15 janvier 2016

    Vous pouvez peut-être me faire des recommandations pour un gd père ANTINELLI né à Rome en 1893 (mère = BARAVAGLIO), ayant vécu à Lyon en conservant sa nationalité italienne, décédé en 1963 à Turin. A son mariage à Lyon en 1918 il appartient à une compagnie des TAIF. M. le Professeur Heyriès, spécialiste du sujet, n’a pas pu m’aider sur ce point.

    Rome étant dans le Royaume depuis 1872, peut-on trouver le mariage de ses parents ? Plus avant, nous sommes dans les Etats pontificaux : que faire ?

    A-t-il été recensé pour l’armée à son lieu de naissance, et y a-t-il des chances de retrouver qqchose ?

    Merci et saluti.