Entretien avec Françoise Nicolas, alias Feuilles d’Ardoise

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Dans le cadre de notre rubrique sur les acteurs de la généalogie, après un détour au Québec, nous revoici en France, en compagnie de Françoise Nicolas, généablogueuse de Feuilles d’Ardoise. Voici le portrait d’une généalogiste angevine de naissance et aixoise d’adoption.

Présentez-vous en quelques lignes.

Je vis dans le sud de la France depuis une trentaine d’années. Je suis née en Anjou mais je n’y ai pas vécu longtemps, en effet, mes parents ont déménagé alors que j’avais à peine cinq ans pour venir s’installer dans l’Yonne. J’ai fait des études de Lettres à Aix-en-Provence, ville d’où je ne suis jamais repartie. (Ah ! Le soleil !…) Au cours de mes études, j’ai particulièrement été attirée par la littérature du Moyen-Âge. Grâce à un certain professeur, dont je garde un merveilleux souvenir, j’ai, en particulier, édité partiellement un manuscrit inédit du XVè siècle (Lion de Bourges) et ce travail m’a passionné.

Quelle est votre activité actuelle ?

Je suis professeur de lettres, j’ai donc beaucoup de travail à la maison : des cours à préparer, des copies à corriger… Dans ce cadre, j’ai réalisé quelques livrets de soutien en français pour les collégiens. J’ai aussi trois enfants, dont deux filles encore petites. J’ai donc, vous l’aurez compris, peu de temps à moi, mais je trouve toujours du temps pour la généalogie !

Mon rêve ? Associez mon travail et ma passion, par exemple en créant un club de généalogie avec mes élèves…

Comment est né votre intérêt pour la généalogie ?

J’ai commencé des recherches généalogiques dès mon adolescence. J’utilisais alors la méthode « classique » (lettres aux mairies, attente des réponses…).

Je me souviens des fiches bristol sur lesquelles je notais les informations que j’avais reçues. Je les classais et reclassais inlassablement, ensuite je les rangeais debout dans des boites à chaussures, mais la plupart restaient vierges et ne contenaient qu’un numéro sosa…

Je retournais régulièrement en Anjou où vivaient encore mes grands-parents et quasiment toute ma « parenté ». Deux villages en particulier, Villevêque, au nord de la Loire et Melay, au cœur des Mauges, ont été mes lieux de vacances privilégiés pendant des années. J’y avais un nombre impressionnant de cousins et de cousines de mon âge avec lesquels j’ai des souvenirs inoubliables.

Peu à peu, lorsque nous avons grandi, nous nous sommes perdus de vue. J’ai arrêté la généalogie et j’ai donné tous mes papiers à l’un de mes frères.

Quelques années plus tard, après la naissance de mon dernier enfant, et avec l’apparition des archives numérisées, j’ai repris la généalogie que j’avais mise entre parenthèses. J’ai bénéficié, pour ma branche maternelle, des recherches d’un de mes oncles, Raymond Delavigne, auteur par ailleurs récemment d’un livre sur Villevêque « Villevêque à travers les âges » et à qui je dois beaucoup parce qu’il a toujours conservé et transmis le patrimoine familial (lettres, photos, souvenirs…) lors des réunions de famille que nous continuons d’ailleurs à organiser chaque année

Quelle est l’origine de votre nom de famille ?

C’est un nom qui a une origine très simple, c’est un prénom qui est devenu un patronyme, ce qui est assez fréquent. Mon père tout comme ma mère sont originaires de l’Anjou, avec une particularité, c’est qu’une « frontière », la Loire, les sépare. J’ai pu remarquer en effet que peu de familles ont « franchi la Loire » au cours de leurs alliances. Les ascendants de mon père sont donc pour la plupart du sud de la Loire, des Mauges principalement, et ceux de ma mère du Nord de la Loire, du Haut-Anjou. D’ailleurs, j’ai souvent entendu mon père dire à ma mère, sur le ton de la plaisanterie bien sûr : « Mais toi, tu n’es qu’une bleue ! ».

Quelle est la ou les découvertes les plus marquantes que vous avez faites sur votre famille ?

Je n’ai pas spécialement de découvertes marquantes. Mais j’ai découvert mille choses au cours de ma généalogie. De petites choses, certes, mais tout-à-fait passionnantes et surprenantes. J’ai découvert des familles d’ancêtres, souvent simples laboureurs, closiers, journaliers ou tisserands, mais aussi des marchands, des charrons, quelques notaires royaux, des soldats vendéens, des soldats Républicains et j’en passe… J’ai découvert mille choses, pas spécialement exceptionnelles mais toujours captivantes.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre blog ?

C’est justement pour partager toutes ces découvertes que j’ai créé ce blog. J’ai eu envie de donner corps à ma généalogie, de la rendre vivante et accessible. Je me suis rendue compte qu’écrire un article sur un blog, oblige à faire le point, à revoir certaines sources, à vérifier telle ou telle date, à ne plus rien laisser dans l’ombre. Le fait d’avoir des lecteurs m’oblige à être plus rigoureuse, moins « volage » dans mes recherches, qui, parfois, partent dans tous les sens.

Pour mes projets, j’en ai plusieurs… De quoi combler de longues soirées d’hiver pendant plusieurs années ! J’hésite encore sur la manière de  « raconter » ma généalogie dans mon blog. Famille par famille ? Sosa par sosa. Lieu par lieu ? Sans doute ferai-je un peu des trois en fonction des particularités de chacun de mes ancêtres. Une chose est sûre : j’aime décrypter les anciennes écritures, les vieux registres, il y aura donc sans doute de nouvelles transcriptions de BMS !

Un conseil pour les généalogistes débutants ?

Si la généalogie vous passionne, foncez ! Je pourrais vous dire aussi qu’il faut faire preuve d’organisation, de patience, d’obstination… mais si la passion vous habite, vous trouverez vous-même les ressources pour obtenir tout cela à votre manière. Un seul conseil, sachez qu’il n’y a pas de fin : la généalogie jamais ne s’arrête, c’est une quête de l’infini !

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  • Bonnefoy Camille


    14 juillet 2014

    J’ai aimé votre commentaire : « la généalogie jamais ne s’arrête, c’est une quête de l’infini ».
    Très juste.
    Les moments passés à vous lire ont été très agréables.
    Camille

  • Marcel ANTIN


    16 juillet 2014

    Bonjour,
    On devient vite accroc des recherches, surtout depuis la numérisation. Beaucoup de surprises dans les familles, et surprise quant à l’orthographe des noms de familles qui change suivant le secrétaire des mairies et de son niveau d’étude de l’orthographe (ecrits phonétiques).
    Bloqué depuis les années 1600/1650 où les écrits étaient rares et souvent incompréhensibles (français de l’époque) je reste sur ma faim….
    Marcello,

  • Feuilles d’Ardoise


    16 juillet 2014

    A Camille, merci de m’avoir lue, votre commentaire m’est aussi très agréable.

    A Marcel, j’espère que vous réussirez à débloquer la situation. Souvent on trouve des choses étonnantes après des périodes de découragement ! Bon courage.

  • LEJA


    18 juillet 2014

    Bonjour Françoise

    je vous envoie un courriel , car vous êtes très bien , et je voudrais savoir comment fait-ton quand ont à de la familles , mais 2000 personnes pour les réunir .

    Merci D’avance

    Mr Leja

  • Gérard


    18 juillet 2014

    Bonjour Françoise,

    J’ai été séduit par ce bref exposé. J’aurais pu l’écrire moi-même avec moins de talent. Je me retrouve à l’époque des fiches, des courriers aux archives nationales et puis cette période de « jachère », et les archives en ligne enfin.
    Je te remercie de me laisser croire que les « fêlés » de généalogie ne sont pas des gens du passé, mais tournés vers l’avenir.

  • LARREUR Mariette(née VALANTIN)


    18 juillet 2014

    C’est très vrai, la généalogie est trés passionnante et avec mon mari et nos 2 enfants, il y a une trentaine d’années que nous faisons des recherches. Nous sommes au cercle Généalogique de Seine & Marne.
    Ayant pris beaucoup de responsabilités et prenant de l’âge, une descendance assez nombreuse , nous n’avons plus de temps pour continuer à tout faire §

  • Jean-Louis Koenig


    18 juillet 2014

    Je me permets de faire mienne l’appréciation de Camille sur votre commentaire : « la généalogie jamais ne s’arrête, c’est une quête de l’infini. »
    C’est pourquoi, nous ne devons pas garder le fruit de nos recherches égoïstement pour nous, mais les diffuser, comme le faites, pour être sûrs qu’ils ne soient pas « enfouis » dans les tiroirs de l’oubli que personne n’ouvrira plus après nous.
    Nous avons tous débuté parce que quelqu’un, non seulement nous a inoculé le virus, mais nous a fait cadeau des premières et ô combien précieuses ramifications de notre arbre.
    Si je n’avais pas attrapé ce virus il y une quinzaine d’année déjà, la lecture de votre article m’aurait conduit tout droit à la généalogie.

  • B.M..;alias Esel


    20 juillet 2014

    J’ai lu ta biographie avec grand intérêt étant villevêquois d’origine né à qq pas de chez ton arrière gd père à la société de boules des « Lilas »sur la place de la mairie..;et par ailleurs condisciple de Raymond… et certains des personnages de tes recherches me sont familiers, tes Gds parents Delavigne et Chaignon en particulier.Instituteurs comme mon épouse,nous avons tout en travaillant entrepris des études de lettres à la Fac de Tours en 69 et avions aussi un Prof de Moyen-âge passionnant devenu notre ami qui nous poussa après les 3 années de licence à faire un mémoire de Maîtrise en deux ans puis une thèse de 3ème cycle en 3 ans sur le thème de « l’inceste dans la littérature du M.Age »…dont il ne me reste pas grand chose….Bon courage à toi et continue à nous passionner..Mag ma petite soeur te voue une grande admiration..;Bonnes vacances à toi et aux tiens

  • Feuilles d’Ardoise


    31 juillet 2014

    Je profite d’un « petit filet » d’internet obtenu malgré l’éloignement, aux fins fonds de mes vacances, pour remercier tous ceux qui m’ont laissé des commentaires ici. Merci beaucoup pour tous ces compliments, qui me touchent beaucoup, merci beaucoup pour tous ces encouragements et donc à très bientôt sur mon blog, car tout cela me donne envie de continuer. Merci encore.

  • feuillesdardoise


    9 août 2014

    A Gérard qui a écrit : « Je te remercie de me laisser croire que les « fêlés » de généalogie ne sont pas des gens du passé, mais tournés vers l’avenir. » – C’est bien vrai ! Les généalogistes pensent beaucoup plus à l’avenir que ce que l’on pourrait croire : en fait, ils ne pensent même qu’à ça ! Retrouver, conserver, transmettre… pour la postérité.

  • feuillesdardoise


    9 août 2014

    A Jean-louis KOENIG – Je tiens à vous remercier ici personnellement pour votre commentaire. Il est vrai que le virus de la généalogie se transmet. Pour le moment, mes enfants sont trop petits, mais j’espère qu’ils seront un jour passionnés aussi.

  • feuillesdardoise


    9 août 2014

    A B.M. alias Esel – J’ai lu avec grand intérêt ton commentaire. J’espère pouvoir parler bientôt de vive voix avec mon oncle Raymond de vos souvenirs communs, et, peut-être, nous rencontrerons-nous un jour à Villevêque ! (Mon dernier séjour là-bas remonte à 2009) En attendant, je te transmets mes plus sincères amitiés ainsi qu’à ta petite soeur Mag.

  • Jean OSSELIN


    29 août 2014

    Tous cousins, ne rêvons pas, mais le fil est souvent rompu pour le prouver. Mais il y a, c’est vrai, de belles découvertes en cours de route. Découverte aussi de petits secrets de famille, dont il ne fallait pas parler. Et qui expliquent certains silences sur des sujets tabous, ou simplement ignorés en dehors des protagonistes. Et l’on comprend pourquoi telle personne était traitée comme de la famille, alors qu’elle n’y était pas, … officiellement ! Comme les gens voyageaient peu, c’est toute l’histoire locale que l’on découvre.
    Bravo pour votre ténacité, mais à 5ème génération je suis déjà, avec mon épouse, passé par une dizaine de départements, il faudrait aller en Italie (grand’mère italienne), mais ligne courte sur la Vendée, merci général Thureau pour vos destructions, St Amand sur Sèvre entre autres.
    Comment faire pour présenter plus de 3000 noms des asc/descendants et tous les remariages qui se croisent, dans un document maniable. Merci de promulguer votre méthode pour m’en inspirer.

  • feuillesdardoise


    5 septembre 2014

    Merci pour votre commentaire. Voici une vaste question ! En effet, présenter 3000 noms, voire plus, dans un arbre est impossible et c’est une des raisons pour laquelle j’ai créé un blog de généalogie, afin de sortir de l’oubli des ancêtres réduits à de simples noms ou listes sans fin… et de les présenter avec plus de clarté et d’humanité. Comment les présenter ? Voilà encore une autre grande question qui mérite un article… Peut-être bientôt sur mon blog… Je vais y réfléchir.

  • BURCEZ


    5 septembre 2014

    A Madame Françoise Nicolas,

    En tapant sur internet, le nom de mon plus vieil ancêtre connu Lionnet Michel, né vers 1560, je suis arrivée à Foudon et à votre beau travail. Je pense qu’il devait être marchand et habitait la Roche en Brénil (21). Je n’avais pas de pistes.
    J’avais pensé que je ne retrouverais jamais sa trace et j’espère grâce à vous, qu’il s’agit peut-être de lui, c »est à dire ce parrain que vous citez. Je rêve de lire des actes antérieures de Foudon.
    Mon père est né en Côte-d’Or, mais j’habite la Franche-Comté où je suis née. Lionnet est mon nom de fille.
    Très cordialement, merci et sincères salutations.
    Nicole.

  • feuillesdardoise


    8 septembre 2014

    A Nicole,
    Je découvre votre message et je vous remercie de tout coeur pour vos compliments. Malheureusement il y a a peu de registres antérieurs à ceux que j’ai transcrits, qui sont déjà très anciens… Malheureusement aussi, il y a peu de chances pour que votre LIONNET soit le même que celui de Foudon : c’est quand même très loin… Bon courage cependant dans vos recherches, qui vous réservent malgré tout sans doute encore des surprises, et merci encore de votre attention.
    Françoise.

  • Betty


    1 octobre 2014

    Bravo Françoise.Je suis une de tes tantes et découvre combien tu as de précieuses richesses à transmettre….

    Betty

  • 6bisruedemessine


    14 octobre 2014

    J’ai noté que vos familles paternelles et maternelles, angevines, étaient respectivement du sud et du nord de la Loire. C’est la même configuration pour moi – mais inversée ! Autre point : nous sommes tous les deux, expatriés de l’Anjou… Mais, là encore, en sens inverse: je suis plutôt au nord et vous au sud!

  • Rose l’Angevine


    14 octobre 2014

    eh bien, voici votre anonymat découvert grâce au blog « 6bisruedemessine’… Nous sommes cousines très lointaines par les Mauges (Anjou) et je suis certaine que nous cousinons avec Bernadette Chirac par le couple ancien indiqué sur « 6bisruedemessine »

  • Feuilles d’ardoise


    16 octobre 2014

    Avez-vous également noté, comme pour moi, une absence totale de liens entre les ascendants de vos familles paternelles et maternelles que la Loire sépare ?
    Pour ma part, en effet, alors même que de nombreux implexes sont présents à l’intérieur de chacune de mes ascendances respectives, paternelles et maternelles, je n’ai trouvé aucun lien de parenté qui puisse les réunir, du moins jusqu’à ce jour. La Loire serait-elle un mur infranchissable ?…

  • BURCEZ


    5 février 2015

    Merci beaucoup, j’ai ouvert un classeur avec les Lionnet les + anciens que je trouve. Ils étaient sans doutes marchands et ont laissé à de nombreux lieux leur nom. Tour du Lionnet à Arles, Baie des Lionnets à Sisteron, je les trouve aussi à Béziers, à Chartes, à Lyon, au Puy en Velay, etc… Pour comprendre leur parcours, je dois me reporter à la géographie de l’époque. A suivre peut-être.
    Cordialement – Nicole.

  • LEROY


    5 août 2015

    Bonjour.
    Je découvre ce jour votre blog, en particulier vos travaux sur le patronyme LENTAIGNE. Comme j’ai moi-même effectué des recherches il y a 2 ans sur ce nom, je me propose de vous les faire parvenir au cas où certaines pistes n’auraient pas été explorées (par vous ou par moi).
    Pourriez vous, dans ce but, me fournir votre adresse électronique ?
    Janjac LEROY. janjac.leroy@orange.fr

  • Revol


    11 février 2016

    Bonjour
    vous devriez faire quelque recherche autour des Lenteigne « papetiers » près d’Azay le Rideau, au moulin de Marnay: il y a peut-être (ou pas) quelque lien (info lue sur le musée Dufresne au Moulin de Marnay).
    Cordialement
    Bruno

  • Feuilles d’Ardoise


    18 février 2016

    Merci pour cet info. A creuser peut-être… Les LENTEIGNE semblent être partout…
    Bien cordialement
    Françosie