Je n’ai pas abandonné jusqu’à ce que j’ai retrouvé mon père

Je n’ai pas abandonné jusqu’à ce que j’ai retrouvé mon père

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Erna Rusi, une utilisatrice de MyHeritage de la Finlande, a grandi sans savoir qui était son père biologique. Il y a un an, elle a fait un test ADN MyHeritage et a reçu une correspondance avec une cousine. Avec une recherche approfondie et beaucoup de ténacité, elle a pu le retrouver après 56 ans.

« Mon histoire a commencé sans aucun indice sur l’identité de mon père biologique. Jamais dans mes rêves les plus fous je n’ai pensé que je le retrouverais, ou qu’il était encore en vie ! Je n’avais ni son nom ni sa nationalité, et ma mère étant décédée il y a 12 ans, il n’y avait plus personne à qui poser des questions. J’avais toutes les raisons d’abandonner et de passer à autre chose dans ma vie, mais j’ai décidé de ne pas le faire. J’ai décidé de le retrouver, quoi qu’il arrive … et c’est ce que j’ai fait.

J’ai été élevée sans père. Quand ma mère était encore en vie, j’ai posé des questions sur lui, et elle a toujours dit qu’elle ne connaissait pas son identité.

Erna bébé, avec sa mère

Lorsque la possibilité de faire un test ADN s’est présentée, j’ai pensé que ce serait probablement ma seule façon de découvrir quelque chose sur moi-même. Peut-être que je retrouverais des parents, des racines … quelque chose. N’importe quoi.

Mon voyage génétique

Au printemps 2018, j’ai acheté un kit ADN MyHeritage en espérant obtenir une correspondance significative, mais les seules correspondances que j’ai d’abord obtenues étaient des cousins très éloignés.

Le test m’a donné une estimation de mes origines ethniques. Pour la première fois de ma vie, j’ai eu quelques informations sur mes racines du côté paternel : j’ai découvert que j’étais à 25% nord-africaine ! Ce fut le premier indice pour moi, car ma mère a des origines allemandes et danoises. Les racines nord-africaines ne pouvaient venir que de mon père.

Après un certain temps avec des correspondances inutiles, une nouvelle est apparue, cette fois, avec 3% d’ADN partagé. C’était une femme de la France qui avait également une part d’origines nord-africaines. J’ai essayé de la contacter, mais je n’ai pas obtenu de réponse. Je l’ai recherchée sur les réseaux sociaux sans la trouver. Pensant qu’il n’y avait pas d’autres options, j’ai demande conseil en décembre 2019 à un chercheur professionnel de MyHeritage. Cet expert en ADN a vérifié notre ADN commun et a expliqué que la correspondance et moi partagieons une arrière-grand-mère ou un arrière-grand-père.

Bon, c’était un début.

En creusant davantage

Cette information m’a donné beaucoup de motivation pour retrouver cette femme. Elle était vraiment ma seule piste !

Je n’ai jamais pensé que cela m’amènerait à retrouver mon père. Je pensais que tout au plus, je retrouverais des parents, et peut-être que j’en saurais plus sur mes racines.

En janvier 2020, j’ai trouvé le nom de ma correspondance sur le site Web d’une entreprise où elle était citée comme membre du conseil d’administration. Le nom de l’entreprise semblait intéressant, alors j’ai vérifié et j’ai vu que c’était le nom d’une montagne au Maroc. Cela signifiait que j’étais sur la bonne voie. Je suis donc allé sur leur page Facebook et j’ai envoyé un message privé, demandant à parler avec cette femme, membre du conseil d’administration de leur entreprise. Je ne m’attendais pas à obtenir une réponse sur Facebook, mais je sentais que je n’avais rien à perdre. Au bout de 10 minutes seulement, j’ai reçu une réponse : « Elle a reçu votre message et aimerait vous appeler. » C’était un vrai choc ! J’étais excitée et nerveuse à la fois.

Le père d’Erna. Il n’a pas eu d’autres enfants.

Quelques minutes plus tard, elle m’a appelé. Je lui ai dit que je cherchais mon père biologique et je lui ai expliqué comment nous pouvions être liées. Elle a écouté puis m’a parlé de son parcours : ses parents étaient marocains et algériens. Nous avons échangé des photos et avons pensé détecter une certaine ressemblance. Elle a promis de vérifier avec son père et de me recontacter. « Mon père a 11 frères et sœurs, l’un d’eux le saura probablement », a t-elle dit. Quand son père a vu ma photo et entendu mon histoire, il a tout de suite su qui était mon père : ma mère n’avait jamais quitté la Finlande, il fallait donc que ce soit quelqu’un qui y soit allé. Et il avait un cousin germain, un homme d’origine franco-algérienne, qui était en Scandinavie à l’époque où ma mère était tombée enceinte.

Ma nouvelle cousine m’a donné le nom de cet homme, puis le nom de sa femme. Elle a expliqué que A., l’homme qui était probablement mon père, était marié à S., mais parce que la famille n’avait pas eu de nouvelles de A. depuis 40 ans, ils ne savaient pas s’il était encore en vie ou si A. et S. étaient toujours mariés. Pourtant, à ce moment-là, j’avais deux noms avec lesquels travailler, alors j’ai commencé à chercher des indices en ligne. À ma grande surprise, j’ai trouvé les coordonnées de S. en ligne : elle vivait en Finlande ! J’ai décidé de lui téléphoner.

À ce stade, je croyais bien sûr que mon père n’était plus en vie.

J’ai appelé S. et j’ai soigneusement commencé à expliquer. « Non, non, je ne sais rien », disait-elle. « Mon mari n’est pas algérien, il est français. Je suis désolée, mais mon mari me demande de raccrocher maintenant. » Sur ce, elle a dit au revoir et a raccroché.

Waouh ! Mon possible père biologique était toujours en vie. Je ne pouvais pas y croire.

J’ai de nouveau appelé ma nouvelle cousine et je lui ai raconté ce qui s’était passé. Elle a parlé avec son père, et il a contacté l’un des frères de A., qui a décidé d’appeler A. lui-même. Après 40 ans sans contact, A. et son frère se sont parlés au téléphone et son frère lui a conseillé de vérifier si je pouvais être sa fille. A. a accepté et a demandé plus de détails et des photos. J’ai eu son adresse et je lui ai envoyé des photos de moi et de ma mère.

Le passeport qui a révélé la vérité 

Quelques jours plus tard, il m’a appelé. « Je suis désolé, a t-il dit, je ne peux pas être ton père. Les dates ne correspondent pas. Je n’étais pas en Finlande à l’époque, je suis arrivé ici seulement 4 mois avant ta naissance, donc ça ne peut pas être moi. ». L’appel s’est terminé de façon maladroite et j’ai eu le sentiment que j’allais tomber dans une autre impasse.

Il m’a fallu 10 jours pour avoir le courage de lui écrire à nouveau. J’ai écrit que j’avais toutes les preuves dont j’avais besoin et que j’étais convaincue qu’il était mon père et que je voulais qu’il fasse un un test de paternité. « Ok, on peut faire ça », a t-il répondi. Mais ensuite, en mars 2020, la pandémie a éclaté et nous n’avons pas pu le faire.

Cependant, il m’a surpris en rappelant un peu plus tard. Cette fois, son ton était totalement différent: « C’est toi, tu es ma fille ! J’ai regardé mon ancien passeport et j’étais en effet en vacances en Finlande au printemps 1965. Quand j’ai vu les photos que tu m’as envoyées, j’ai reconnu ta mère. Tu es vraiment ma fille ! Je n’arrivais pas à y croire. Avais-je vraiment finalement retrouvé mon père, contre toute attente ? Était-ce vraiment arrivé ?!

Pendant que nous parlions, nous nous sommes sentis tous les deux à l’aise. Nous avons beaucoup parlé et beaucoup ri. Nous avons le même sens de l’humour et nous n’avons pas l’impression d’être des étrangers. Je ne peux pas dire que j’ai ressenti de « l’amour » ou quelque chose d’aussi profond, mais un étrange sentiment de familiarité. C’était un bon début.

En raison du COVID-19 et du fait qu’il présente un risque élevé vu son âge, nous avons dû reporter notre première rencontre. En juin 2020, nous nous sommes rencontrés pour la première fois chez lui, avec sa femme, et nous avons eu un merveilleux déjeuner ensemble. C’est un grand cuisinier ! Plus tard pendant l’été, j’ai passé des week-ends chez eux. Nous avons appris à nous connaître et à développer une relation.

Aujourd’hui, A. fait de son mieux pour rattraper le temps perdu en tant que père. Il n’a jamais eu d’enfants à lui, alors devenir non seulement père, mais aussi grand-père pour mes enfants adultes, à 79 ans, c’est beaucoup d’un seul coup ! Nous nous parlons au téléphone chaque semaine. Nous prévoyons de nous revoir une fois la pandémie terminée.

Quand j’ai commencé ce voyage, je n’avais rien, pas la plus petite information. Grâce à une correspondance ADN, je sais maintenant d’où je viens, j’ai un père et il a des descendants. Mon histoire est la preuve que même contre toute attente, il faut continuer à chercher et ne jamais abandonner !

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