Sur les traces d’un prisonnier de guerre français en Allemagne

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Longtemps j’ai espéré retrouver la famille allemande qui avait tant marqué la vie de mon grand-père. Roger Dubuc, mon grand-père maternel, je ne l’ai pas connu. Il a choisi de partir alors que je n’avais que quatre mois.

Je ne me souviens pas lorsque j’entendis son histoire pour la première fois mais très vite ce fut un mystère qu’il me fallait résoudre.

L’histoire commençait comme celle de nombreux autres soldats français.

Roger a été capturé à Vannes sans avoir combattu le 22 juin 1940. Il avait 20 ans. Lorsqu’il quitta le sol français, il n’imaginait certainement pas qu’il n’allait pas revenir avant cinq longues années. Son père Léon avait été lui aussi prisonnier de guerre en Allemagne mais il était revenu au bout de 7 mois. Le père avait été fait prisonnier à la fin de la Première guerre mondiale, le fils au début de la Seconde.

Ce que je savais est que Roger, comme des milliers avec lui, avait été envoyé en Allemagne, qu’il avait travaillé au service d’une famille allemande avec laquelle il avait gardé un contact épistolaire toute sa vie durant. Mais de ce lien aucune lettre n’a subsisté (que sont-elles devenues ? Les a-t-il détruites lui-même ?). Il reste des photos, des livres (pour étudier l’allemand et l’anglais), de vieux billets de banque allemands…

Au dos des photos, l’indication du stalag, XB, et son numéro de prisonnier me permirent de commencer ma quête. Une recherche sur internet durant les derniers jours de 2003 me permit de retrouver le stalag. Par chance un centre d’études sur le camp existait. J’écrivais un e-mail demandant des renseignements sur Roger. La réponse m’apporta une piste qui s’avéra par la suite très précieuse. Le nom d’un village : Sandstedt.

Mais je laissai cette information dormir dans mes notes. Ce n’est qu’en 2012 que je repris la recherche de cette famille perdue. Dans les pages de ce blog je racontai cette quête. Ma collègue allemande, Silvia (que je ne remercierai jamais assez) traduisit mon billet dans le blog allemand de MyHeritage. C’était en mai 2012, la réponse qui précipita l’épilogue de cette recherche survint en novembre 2013. Comme quoi il ne faut jamais désespérer, mais persévèrer, faire preuve de patience…et avoir de la chance.

Que se passa-t-il ce jour de novembre ? Karla, une utilisatrice allemande de MyHeritage qui cherchait alors des photos anciennes de Sandstedt, lut mon billet traduit en allemand dans le blog de MyHeritage et écrivit en commentaire qu’elle habitait à Sandstedt et qu’elle connaissait cette famille. Lorsque je reçus le message de ma collègue allemande m’en informant, j’en ai eu la chair poule. Je l’ai encore lorsque j’y pense. Un second message suivit très vite avec les noms de la jeune fille de la photo et du petit garçon. Après toutes ces années ces visages avaient un nom : Hans Adolf et Elfriede. Merci Karla !

C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai renoué le lien épistolaire entre Roger et Elfriede. Ma mère savait que la jeune fille sur la photo avait envoyé une petite robe pour sa naissance, mais elle n’avait jamais rien su d’elle.

Cette correspondance dura 22 mois pendant lesquels je posai toutes les questions qui avaient longtemps trotté dans ma tête. Je n’eus pas toutes les réponses mais Elfriede qui avait alors 84 ans replongea sans hésiter dans ces lointaines années de sa jeunesse pour ranimer le souvenir de Roger.

Dans cette famille qui perdit au front en février 1945 un fils de 19 ans (Heinz, le frère aîné d’Elfriede), Roger le prisonnier français, était considéré comme un fils. Elfriede me raconta ce que j’avais entendu de lui car il l’avait évoqué lui-même : il avait aimé se baigner dans la Weser, y pêcher aussi. Il aimait les neukuchen, ces cigarettes russes, qui étaient préparées pour le nouvel an. Il apprit l’allemand qu’il finit par parler parfaitement.

En juillet 2015, cinq semaines après avoir accouché (quelle folie pensais-je alors, il est vrai que je ne me sentais pas encore tout à fait remise de l’accouchement et mes nuits étaient longues et plutôt blanches), c’est avec ma mère et mon bébé que nous partîmes sur les traces de Roger. Sa fille, sa petite-fille et une arrière-petite-fille allaient découvrir ce pan de sa vie qui fut si important pour lui.

Malgré le fait que j’avais entretenu une correspondance chaleureuse avec Elfriede, nous étions ma mère et moi un peu inquiètes. Comment allait-on être accueillies par la famille ? Où nous allions du reste passer une semaine entière. L’accueil fut au-delà de nos espérances. La première bonne surprise à notre arrivée à l’aeroport de Brême fut de voir que Dieter, le fils d’Elfriede, était venu nous chercher avec son camping-car. Et moi qui m’inquiétais me demandant si sa voiture était assez grande pour contenir nos valises et la poussette de bébé Gabrielle ! Nous avons tout simplement été accueillies à bras ouverts et chouchoutées à chaque instant par Dieter et Maria, sa femme.

Roger assis dans le même jardin

Une semaine inoubliable pendant laquelle nous avons parcouru les endroits où Roger a vécu pendant la guerre. Sandstedt est un charmant petit village situé en Basse-Saxonie, à presque 40 kilomètres de Brême.

J’étais presque déçue de ne pas découvrir un cousin allemand. Mais comme me le dit Elfriede, il aurait été très dangereux pour un prisonnier allemand d’avoir une relation avec une allemande. Tant pis, j’aurais pourtant bien aimé ajouter une branche allemande à mon arbre généalogique.

Dans ma famille on racontait qu’il en pinçait dur pour Elfriede. Elle a éludé ma question à chaque fois que je l’ai posée.

Un moment fort de notre visite fut une grande surprise pour ma mère et moi. Un voisin, Johan, arriva pour porter un journal. On lui expliqua qui nous étions. Il en resta d’abord bouche bée, transporté dans le passé. Puis il nous raconta : c’était le 11 septembre 1942. Il avait 11 ans. Il travaillait dans un champ lorsqu’un accident survint qui lui sectionna presque complètement le mollet. C’est Roger qui le sauva, nous dit-il, en intervenant promptement. C’était notre tour de rester sans voix. Il nous embrassa ma mère et moi avec une joie émerveillée. Bien sûr il nous montra aussi la très vilaine cicatrice qui orne son mollet.

Bien sûr nous nous sommes rendus à Sandbostel, à une soixantaine de kilomètres de Sandstedt. J’ignore combien de temps Roger a passé dans ce camp, avant d’être envoyé dans une ferme à Sandstedt. Ce qui est certain, c’est qu’il eût de la chance de ne pas rester trop longtemps dans ce lieu qui fut fatal pour beaucoup. La visite fut très émouvante ; il est vrai que d’arpenter les allées du camp en poussant la poussette de ma fille ajoutait à l’émotion. Violente aussi pour ma mère qui ne s’attendait pas à ce qu’elle découvrit : des milliers de prisonniers y moururent, de faim, de maladie ou tout simplement tués par leurs geôliers allemands.

Nous avons été accueillis chaleureusement par Andreas Ehresmann, le directeur du Mémorial du camp de Sandbostel, à qui j’avais annoncé notre visite.

Nous sommes restés à Sandstedt une semaine, du 3 au 10 juillet 2015. Pour boucler une autre boucle, Dieter et Maria sont arrivés hier soir, 2 juillet 2016, dans ma ville natale (et celle de mon grand-père et de ma mère). Nous n’avons peut-être pas le même sang qui coule dans nos veines, mais le sentiment est là quand même : c’est ma famille allemande.

 

Je voudrais remercier ici Silvia, ma collègue allemande qui non seulement a traduit mon billet en allemand mais a également servi d’interprète pendant deux ans et facilité ma correspondance avec Elfriede.

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  • GILLE didier


    4 juillet 2016

    Une belle histoire, j’aime votre récit. j’en ai besoin les larmes aux yeux merci

  • MENNEVRET Bernard


    4 juillet 2016

    Emouvant !!!

  • de Marne


    4 juillet 2016

    Très émue par cette publication qui montre que même pendant les guerres les plus cruelles, des rapports humains peuvent exister entre les ennemis et qu’un avenir de paix peut être construit sur ces bases

  • Christian


    4 juillet 2016

    très émouvant cette recherche

  • Sastre Dorothée


    4 juillet 2016

    Tout simplement génial ! Mon père lui aussi a gardé de très beaux souvenirs de ses années comme prisonnier en Allemagne. Il y est retourné du reste, retrouver cette chaleureuse famille allemande il y a quelques années.

  • Michelle Moisan


    4 juillet 2016

    Bonsoir,
    Très émouvante cette histoire, je suis contente pour vous !!
    Mon père a été réquisitionné, STO, il était à Spandau,dans une entreprise (laquelle?) du 18 janvier 1943 au 7 juin 1945.
    J’aimerais aussi pouvoir avoir des infos. Comme vous dites il ne faut pas perdre espoir.
    Sincèrement.
    Michelle.

  • gre nouille


    4 juillet 2016

    Joli parcours que sont vos recherches ! Mon beau-père (Creusois) était lui aussi prisonnier en Allemagne, envoyé travailler dans une ferme. Il avait à peine 20 ans, et ses années de captivité, il les racontait avec une étincelle dans les yeux… Il y a rencontrer des « patrons » charmants et désolés qu’il ait le statut de prisonnier.. mais, travaillaient aussi là-bas, des jeunes femmes Russes et Polonaises… oups ! … Comme il en parlait, il n’avait pas eu l’air de s’ennuyer ! Par contre il n’est pas resté en contact avec qui que ce soit. Je ne me souviens pas du nom de la région où il était. Je crois qu’on a son livret militaire… Je vais regarder : il doit y avoir un nom codé de stalag… Merci pour votre témoignage !

  • CHAUVIN Roger


    4 juillet 2016

    Bonjour,Merci pour ce témoignage, mon père a également travaillé dans une ferme, l’adresse était VURTINBERG, chez Carle MOL STUTTGART, il rentrait tous les soirs au camp : Oflag V A, ou Stalag V A.
    ET VOTRE TEMOIGNAGE ME MOTIVE POUR FAIRE DES RECHERCHES.
    Salutations, Roger Chauvin

    • Elisabeth


      5 juillet 2016

      Merci à tous de vos messages. Je suis ravie de voir que mon témoignage puisse motiver d’autres personnes à commencer ou reprendre les recherches.

  • Yves Dufeil


    4 juillet 2016

    Une bien belle histoire qui ne doit pas être si rare que cela.

  • HERMAN Arthur


    4 juillet 2016

    A transmettre à mon amie Monique Delmotte de Visé

  • Drapier claudine


    4 juillet 2016

    Très belle histoire qui m’émeut car mon père, un Roger aussi, fut prisonnier dans un stalag près de Macdebourg dans une famille formidable avec qui il garda des des relations par courrier et puis un jour il fut reçu avec ma mère par cette famille ! Mon père s’appelait Drapier Roger. Je n’ai aucune trace de son stalag ni le non du village où il fut condamné à travailler ni de traces de cette famille.

  • Landureau Catherine


    4 juillet 2016

    super, enfin quelque chose de positif. Une pensée pour mon grand-père qui est resté 7 ans en Allemagne. Malheureusement aucune trace de son histoire.

  • Alex Hochart ( fils)


    4 juillet 2016

    mon père Albert Hochart a été prisonnier à Sandbostel jusqu’à la fin de la guerre ; dcd en 1947 , je pars visiter ce stalag ce 2-3 aout 2016

    • Elisabeth


      5 juillet 2016

      Bonne visite à Sandbostel M. Hochard.

  • Alex Hochart ( fils)


    4 juillet 2016

    vous pouvez me joindre

  • Bérard


    4 juillet 2016

    Il n’y a qu’un mot : SUPERBE ! un bonheur pour toute la famille !

  • MARCHAL Jacques


    4 juillet 2016

    Bonjour,
    Mon père, Maurice MARCHAL (né à Charleroi le 06/12/1919 et décédé le 06/12/1991) à Sandbostel. Belge, il a travaillé pour une ferme du village de Becksted. Nous avons gardé d’excellents contacts avec la famille alllemande (les KRAMER) pour laquelle il devais travailler. C’étais lui qui ramassait le lait dans les fermes avec une charrette tirée par un cheval.
    Bien à vous,
    Jacques MARCHAL

  • ROBELIN M


    5 juillet 2016

    Papa à lui aussi travaillé dans une ferme à la frontière tchèque mais je n’ai malheureusement aucune piste pour commencer mes recherches
    que faire ?

    • Elisabeth


      5 juillet 2016

      Bonjour M. Robelin, avez-vous sa fiche matricule? Avez-vous contacté le Bureau des archives des victimes des conflits contemporains à Caen ? (http://www.onac-vg.fr/fr/missions/archives/). Vous pourriez savoir ainsi le nom de son stalag.

  • Marie Odile GAY-MERMET


    5 juillet 2016

    Merci pour ce reportage passionnant et émouvant

  • mazereau


    5 juillet 2016

    bonjour moi aussi jai un demi frère. mon papa a travaillé dans une ferme et a eu un enfant. il devrait avoir 70 ou 71 ans. je n’ai rien de plus. mon papa est décédé en 2011 à 92 ans:

  • CONSTANTIN Alain


    5 juillet 2016

    Cette histoire me touche beaucoup car personnellement je suis le fils d’un ancien prisonnier de guerre qui a le même parcours que Roger. Je n’ai que peu d’infos sur le lieu exact, mais en plus, je sais que mon père a eu une relation avec une fille des fermiers pour qui il a travaillé et qu’une petite fille est née de cette relation. Je ne connais que le prénom et le nom de cette personne. Il s’agit de Suzy Conrad. Hélas je ne sais rien de plus. Si par bonheur quelqu’un pouvait m’aider à retrouver la trace de cette demi-sœur, ce serait pour moi un véritable bonheur.

  • Marie-Thérèse


    5 juillet 2016

    C’est le message de Gre nouille qui se rapproche le plus de ce que j’ai retenu de l’histoire de mon grand père maternel. Il m’a confié une sorte de chevalière d’un métal gris qu’il disait avoir échangé contre des cigarettes auprès d’une polonaise qui travaillait en même temps que lui (pourquoi ? si quelqu’un de passage peut guider vers une lecture) en Allemagne pendant ce STO. Merci à Elisabeth pour le lien onag-vg que je ne connaissais pas !

  • Jean Dillinger


    5 juillet 2016

    Votre histoire est magnifique, les allemands n’étaient pas tous nazis. Nous sommes en partie responsable de ce conflit, à partir de 1920 l’esprit revanchard des français a ruiné ce pays. Nos politiques sont le reflet de la bêtise, et cela continue, nos dirigeant se prennent pour l’ignoble Napoléon. Finalement, comme Adolphe, nos dernier dirigeants ont eu le même grade que lui pendant leur service national. On comprend mieux maintenant comment le peuple est manipulé. Les allemands comme les russes sont à notre image. La paix maintenant, pour une Europe débarrassée de ses préjugés rancuniers. Je n’oublie pas que moi fils de père Alsacien et de mère Niçoise je fut traité dans ma jeunesse de fils de Boche, alors que je suis né en zone libre dans l’Ain. FINALEMENT je comprends mieux l’histoire que je viens de lire. L’homme qui travaille la terre et qui connait la valeur de celle-ci, est respectueux de l’autre. Les politiques FOUTAISE! Jean Dillinger

    • Elisabeth


      5 juillet 2016

      J’aime beaucoup votre phrase : ‘L’homme qui travaille la terre et qui connait la valeur de celle-ci, est respectueux de l’autre.’ Ce doit être vrai.

  • nicole


    5 juillet 2016

    une merveilleuse histoire merci de nous l’avoir raconté

  • Marie-Rose Lectoure


    5 juillet 2016

    Une « HISTOIRE » trop émouvante, combien je regrette, que mon oncle Fiori, qui a été aussi prisonnier dans un camp, n’ait jamais voulu parler de sa détention…

  • Scherlé


    5 juillet 2016

    Ce message s’adresse à Alex Hochart. Mon père également prisonnier dès 40 et ce jusqu’à la libération du camp de Sandbostel par les américains en avril 1945. Il a été lui aussi employé dans une ferme où il a lui aussi apprécié l’attitude des fermiers, la famille Struck dont il a gardé un très bon souvenir. J’ai essayé de retrouver cette famille et le nom du village où ils vivaient mais sans succès et le nom Struck est très courant dans la région. Personnellement étant gravement malade, je ne peux me déplacer à Sandbostel mais à tout hasard si, lors de votre visite, vous pouvez m’obtenir ces renseignements auprès des responsables du camp, je vous en serait très reconnaissante!!! Mon père, décédé il y a aquelques années, s’appelait Henri-Eugène Scherlé. Merci d’avance pour votre aide.
    Annie-Claire Scherlé-Papadopoulo

  • Francis BEAULIER


    5 juillet 2016

    L’amour entre les êtres est TOUJOURS la + merveilleuse histoire humaine DE NOS VIES ! Vive l’amour !

    Francis BEAULIER 84 ANS d&ns – de 2 mois et PÈRE D’AU moins 4 enfants. . . .

  • Le Guennec


    5 juillet 2016

    Bravo pour cette belle Histoire.
    Moi je recherche des témoignages concernant mon grand père maternel, qui est décédé le 23/09/1942 à Auschwitz, car il était considéré comme prisonnier politique. Son n° de matricule était le 45661, et il s’appelait Raymond HERVE.
    Alors aidez-moi s’il vous plait.

  • Maryse


    5 juillet 2016

    Magnifique histoire de vie ! Qui nous fait comprendre que même dans l’adversité, des liens de solidarité existeront toujours entre les peuples. Mon père, Fernand MARCHAL, de la région de Namur, est aussi parti en STO en Allemagne à DARMSTADT. Après son décès, j’ai conservé quelques photos de compagnons d’infortune avec leur adresse au dos, parmi celles-ci un français appelé CROIX Henri de Gien dans le Loiret. J’ai aussi une photo de la famille pour laquelle il travaillait dans la ferme mais aucun nom n’est indiqué.
    Mon père avait gardé un excellent souvenir de cette famille et s’estimait assez chanceux car il avait été bien nourri et bien considéré.

  • Jeanne Ozbolt


    5 juillet 2016

    L’histoire des déportés politiques est bien tragique par rapport à tous ces récits idylliques que je lis ci-dessus. Mon père a été arrêté par la police française, tabassé, incarcéré à la Santé et diverses prisons, puis transféré à Compiègne et dans le camp de concentration nazi de Buchenwald, où il est resté du 14 mai 1944 au 11 avril 1945. A son retour, il pesait une trentaine de kilos. Ma vision de la guerre est donc, forcément, différente de la vôtre.

    Jeanne Ozbolt

  • Bruna gabriel


    6 juillet 2016

    Mon père Jean Baptiste Bruna de la classe 35, a lui aussi été prisonnier en Pommeranie orientale, au Stalag IIB du début a la fin de la guerre.
    Également détaché dans des fermes, avec des allemands plus ou moins compatissants; avec lui aussi une relation avec une jeune allemande.
    Mon père s’est évadé trois fois, avec l’aide d’un soldat allemand qui s’appelait ERICH SCHULZ (l’orthographe est peut être erronée) décédé en Pologne.
    La troisième tentative a pris fin à Orléans, lorsque deux gendarmes français l’ont arrêté pour le remettre à la Gestapo.
    Les bons n’étaient pas tous du même côté…

  • Alex Hochart ( fils)


    6 juillet 2016

    pour Annie-Claire Scherlé ; mon père a été fait prisonnier dans cette région si vous avez des infos sur le lieu .. je vous en remercie Alex Hochart

  • Persiaux


    6 juillet 2016

    Témoignage très émouvant qui m’a beaucoup émue étant donné que votre histoire ressemble en tous points à la mienne. Mon père, Georges Persiaux, né en 1921, dcd en 1993, a été réquisitionné pour le STO et envoyé en Allemagne de déc 1942 à juin 1945. Il nous parlait peu de cette période mais les quelques informations qu’il nous donnait parlaient de Leipzig, d’une usine d’armement où il amenait les ouvriers en car tous les matins (il était chauffeur). Il était hébergé dans une ferme où le couple qu’il l’a accueilli avait perdu un fils à la guerre (nom inconnu). Ils l’ont très bien traité et il les évoquait avec beaucoup de discrétion et pudeur. Il les aidait également dans les travaux de la ferme. J’ai pu me procurer quelques documents de cette période par le Bureau des Archives des Victimes de conflits, dont un certificat d’embauchage comme chauffeur, un employeur Kraft Verk & Straß, Office du Travail de Rossleben, une gare de destination Weimar (Province de Thuringe). Mais je pense qu’il a eu plusieurs contrats de travail sur place ou dans la région.
    Je reprends espoir au travers de votre témoignage pour essayer de retrouver des informations sur cette période et je serais reconnaissante à toute personne pouvant m’aider dans mes recherches.
    Merci encore pour ce témoignage qui nous donne une belle preuve d’humanité.
    Martine

  • Simone Cauquil épouse Calmel


    6 juillet 2016

    Mon père René Paul Augustin Cauquil, né le 20 septembre 1913, est appelé suite à mobilisation générale en 1939, j’avais 2 ans lors de son départ.
    Après avoir bien combattu jusqu’a épuisement des munitions  fait prisonnier s’est échappé la nuit suivante  et a rejoint les lignes françaises, affecté au 114° régiment d’infanterie, s’est à nouveau vaillamment défendu jusqu’au 10 juin 1940 à Darnetal en Seine maritime ( ordre du Régiment) où il est fait prisonnier, envoyé en allemagne comme prisonnier de guerre, où il arrive le 17.07.1940. Dernier lieu de détention, le Stalag 6F Bonn K 358 VIG., il a travaillé dans une ferme à Oloztynek pendant 5 ans, près de Wisbaden.
    Chez Joseph Cürten Fursberg post Schonenberg UBER HERNNEF GREG BEZ KOLN Deutchland.
    Libéré il est rentré chez nous à Agel Hérault, le 1 er avril 1945. Nous avons quelques photos de cette ferme et de la famille, mais rien de plus.
    Mon père est décédé en 1951 dans un accident, et je n’ai pas eu d’autres explications. Il me semble, d’après ces photos, qu’il n’était pas très mal dans cette ferme.
    Il adorait déjà les chevaux, et ces photos le montrent souvent avec des chevaux.
    Comment faire pour ajouter des photos dans ce texte?
    Merci de me donner des infos.

    • Elisabeth


      6 juillet 2016

      Merci Mme Calmel pour votre récit. Il n’est pas possible d’ajouter des photos dans les commentaires. Je vous contacte en privé.

  • Michelle


    9 juillet 2016

    Merci cent fois merci, comme vous j’ai imaginé avoir des cousins(es) en allemagne. Mon grand pére a été fait prisonnier en 40 et a passé aussi 5 ans dans une ferme. Il ne parlait pas de ces années, mais il a surement été bien traité car il est est revenu en bonne santé. Je ne me lancerai pas dans des recherches, votre histoire semble toucher beaucoup de personnes.

  • Angeneau Jacqueline


    10 juillet 2016

    Mon Père, Maurice Angeneau a été fait Prisonnier en Allemagne. Il s’est évadé avec 2 Copains au bout de 2 ans environ, pour retrouver ma Mère et ses Filles, Jacqueline et Nicole. Je n’ai pas reconnu mon Père. Jacqueline Angeneau Degironde. (née le 31/10/1936 à Clermont Ferrand 63.

  • Angeneau Jacqueline


    10 juillet 2016

    Mon Père aidait à la fabrication des routes en Allemagne. Les Enfants allemands allaient voir les Prisonniers français qui leur donnaient du chocolat en « échange de cirage noir.(pour préparer l’évasion). jdegironde@orange.fr

  • jean-marie lafollie-horat


    12 juillet 2016

    Mon père fut prisonnier de guerre, du 18 juin 1940 à avril 1945, d’abord en camp où il a eu faim et ne mangeait que les jours de travail (pas le dimanche)-, puis en Autriche de 1942 à 1945, où il était employé dans un Gasthaus rural (à la fois auberge / ferme / boucherie…) propriété du chef local du parti nazi !, lequel était en fait un brave type. Papa avait largement de quoi manger, et un cadeau à Noël au même titre que les membres de la famille, et il est revenu en France chargé de victuailles. La guerre est affreuse, les hommes

  • Lavialle Klotz Muriel


    18 juillet 2016

    je ferai partie aussi de ce petit monde qui vous félicite pour ce travail incroyable ! chacun se reconnait presque dans cette histoire, mon Grand-Père maternel aussi, ma Mère née en juillet 39, elle ne l’a connu qu’à son retour en 45, il était dans une ferme à Cassel, pour aider une femme seule, merci pour ce partage, et un grand Bravo !

  • anny Dolomie


    27 juillet 2016

    Anny Dolomie
    27/07/2016

    Mon père René Dubourg de Bordeaux du 18ème d infanterie a été fait prisonnier le 21 juin 1940 à 10 heures du matin à Bratleville, il va etre envoyé tout près de la frontière
    dans le camp Auersmascher.
    il est au stalag XII ou il dort la nuit et dans la journée il travaille dans une ferme avec d autres prisonniers. Quelques temps après il s évade avec 2 autres prisonniers et arrive à bordeaux puis à Pau.
    Je possède une lettre envoyée à mon père en 1945 d Aurillac par un ancien prisonnier (je ne déchiffre pas trop la signature on dirait « Mauly »). Dans cette lettre cet ancien prisonnier raconte ce qui s’est passé après le départ des évadés e lui donne des nouvelles de différents prisonniers et cite leurs noms.
    Si un généalogiste est interessé je peux la scanner et l’envoyer.

  • Moffroid Jacline Bernard


    7 août 2016

    J’ai été trés touché par le récit sur Roger Dubuc.
    Mon père Lucien Bernard as été prisonnier en Allemagne,
    stalag XB de 1940/45. (matricule 2463 )
    Il a travaillé dans une ferme prés de Brème.
    Le fermier était au front, sa femme et ses 3 filles ont eu recours
    à lui pour les aider à la ferme .
    Je ne possède aucun document, pas de nom de famille de ces
    personnes qui ont marqué la vie de mon cher papa disparu en 2001
    sans avoir revu cette famille à qui il avait promis de revenir les voir !!

  • Myriam SCHUURWEGEN


    16 août 2016

    Bonjour,
    Quel chance pour vous d’avoir retrouvé cette famille allemande. Mon père est aussi allé à Sandbostel comme prisonnier de guerre, il y est resté 4 ans et demi et est rentré en train sanitaire en 44. J’ ai fait des recherches mais n’ai pas encore eu la possibilité d’aller sur place. Si quelqu’un avait des infos ? Mon père s’appelait Horace (Laurent) SCHUURWEGEN originaire de Liège en Belgique. Il était au stalag XB matricule 2731. Il a travaillé à la ferme mais je ne sais pas où. Merci d’avance à ceux qui pourraient me donner des informations.

  • Alex Hochart ( fils)


    21 août 2016

    Alex Hochart. Je suis allé àSandbostel le 3 août ; pour Annie -claire Scherlé il me fallait le matricule de votre père; mais vous pouvez contacter le site du mémorial :www.stiftung-lager-sandbostel.de
    pour des infos: besucherbetreuung@stiftung-lager-sandbostel.de

  • Moffroid Jacline Bernard


    23 août 2016

    Durant sa captivité, mon père Lucien BERNARD stalag XB as eu, plusieurs camarades , nous en avons revus après la guerre.
    Il s’agit d’une part de François MEUNIER origine belge.
    Ce prisonnier a connu lors de sa captivité une jeune polonaise, Maria avec qui il a eu une petite fille (dont j’ai oublié le prénom) née en Allemagne.
    Après la guerre ils se sont mariés et habitaient JEUMONT (Belgique).
    Mes parents les ont reçus chez eux dans les années 1960/1962 environ (si mes souvenirs sont encore bons !).
    Mes parents n’ont laissé aucun document écrit, seulement quelques photos les concernant !!
    Cette (fillette!) doit avoir 70/73 ans maintenant je pense.

  • Revert-Jeanne Jeannine


    29 août 2016

    Nous les enfants de cette guerre essayons de trouver les traces de cet épisode de la vie de nos pères, le mien était au stalag Xll A il s’appelait JEANNE Auguste, il s’est évadé en janvier 1940 avec 2 autres prisonniers, ils ont rejoint la Normandie en huit jours, je vais retourner à Diez près Limbourg, voir s’il y a encore des vestiges du camp. s’il vous plait, si l’un d’entre vous connaît ce camp faites-le moi savoir, merci

  • Jacky


    30 août 2016

    Je ne pense pas que mon père (COLLET André) ait gardé un bon souvenir de sa captivité. Quand j’était ado je le questionnais sur cette période il me répondait sans donner de détails, je comprenais qu’il n’aimait pas trop en parler. J’ai su qu’il allait travailler la journée dans les fermes et le soir retour au camp, fouille obligatoire pour contrôler si les prisonniers ne volaient pas d’oeufs ou autres victuailles et les gardes pas sympas. Il m’a dit qu’il avait eu faim comme beaucoup d’autres. IL a été fait prisonnier le 4/07/1940 au Hackenberg, un petit séjour au stalag VII A à Moosburg puis du 19/07/40 au 18/03/45 au Kommando 822 à Obertaufkirchen et ensuite au Kommando 253 à Kirchricht? et libéré le 2/05/45 par les américains. Il en est revenu amaigri (témoignage de son frère et j’ai quelques photos). Si quelqu’un a eu un membre de sa famille qui a séjourné au Kommando 822 merci de me le faire savoir.

  • Gonet


    31 août 2016

    Bonjour Revert Jeanne Jeannine
    Je suis allée pour voir ce stalag XII Limburg Diez où Papa a séjourné de juin à fin aoùt 1940 en travaillant dans une ferme KO L ou 4 27 ,impossible de trouver le lieu même avec le gps et la barrière de la langue!!et pourtant il y avait un panneau de direction

  • Revert-Jeanne Jeannine


    9 septembre 2016

    Bonjour et merci Gonet,
    si j’ai plus de chance que vous, pour trouver ce lieu, je vous transmettrai mes résultats. Mon père était affecté à désarmé la ligne Maginot près de Thionville, les prisonniers étaient transférés par train matin et soir du stalag au lieu de travail, c’est pendant le transfert en train qu’ils avaient pu s’évader à 3 , en janvier 1940, la hauteur de neige leur permis de se cacher.

  • Revert-Jeanne Jeannine


    23 septembre 2016

    Je reviens de Diez, j’ai retrouvé le lieu où était installé le stalag XllA, le stalag a été rasé après la guerre pour faire place à une caserne militaire allemande, qui depuis un certain temps a été désaffectée et transformée en camp d’accueil pour migrants. Freiherr-vom-Stein-Kaserne ex XllA se situe sur la route 417 entre Diez et Limbourg an der Lahn sur la gauche en direction de Limbourg an der Lahn.

  • Géraldine


    5 mars 2017

    Bonjour,
    Votre récit nous donne plein d’espoir dans le cours de nos recherches. Mon grand-père a été prisonnier au stalag Vi F et VI G et travaillait dans une ferme. Nous aimerions pouvoir localiser cette ferme et vivre la même émotion que vous.
    Nous avons crée un blog dans lequel nous publions les documents que nous avons pu rassembler : https://un-zouave-au-stalag-vig.blog
    Un grand merci pour le partage de votre histoire