Une fillette de 12 ans a-t-elle ‘prédit’ la pandémie de Corona il y a 102 ans ?

Commentaires1

En 1918, au plus fort de la pandémie de grippe espagnole, un journal pour enfants de Winnipeg, au Canada, organisa un concours d’écriture pour les écoliers qui étaient confinés à la maison en raison de la fermetures des écoles. Parmi les histoires envoyées figurait celle de Jessie Mains, 12 ans, intitulée « La leçon de Corona ».

Elle raconte l’histoire d’une fillette prénommée Corona qui n’écoute pas sa mère lorsqu’elle lui dit de rester à l’intérieur pour ne pas tomber malade et, qui par conséquent, meurt de la grippe espagnole.

L’histoire de Jessie Mains, «La leçon de Corona», publiée dans The Tribune Junior le 26 octobre 1918

Voici une traduction du texte :

LA LEÇON DE CORONA

La petite fille de la maison voisine est une petite fille très mignonne, mais très insouciante. Maintes fois sa mère l’appellait : « Corona, chérie, viens dans la maison parce qu’il fait humide dehors », mais elle répondait, ça ne fait rien je ne vais pas tomber malade, et comme elle était enfant unique, elle était très choyée. Sa mère la laissait rester dehors dans l’humidité.

Le temps passa, une épidémie appelée « grippe espagnole » éclata et souvent sa mère lui disait de venir parce qu’elle avait peur de l’épidémie. Corona, étant insouciante, ne voulait pas rentrer dans la maison et malheureusement la maison heureuse devint très triste parce que leur petite fille tomba malade. Ils firent de leur mieux pour sauver la vie de l’enfant, mais ce fut en vain. Elle ne tua pas seulement elle-même, mais aussi sa chère mère et son papa. Les derniers mots de Corona furent : « Obéissez à tout ce que disent les aînés », et elle mourut. J’espère que Corona nous apprendra à tous une leçon.

Qui était Jessie Mains, la fillette de 12 ans qui ‘prédit’ si étrangement la prochaine pandémie mondiale ?

Notre équipe de Recherche a réussi à localiser certains membres de la famille de Jessie et à partager son histoire avec eux. Ils ont d’abord contacté le petit-neveu de Jessie, Paul, qui vit actuellement en Alberta. Paul n’avait aucune idée que sa grand-tante avait écrit cette histoire et était ravi d’entendre notre découverte. Il nous a dirigés vers le neveu de Jessie, Don, qui a pu nous donner plus de détails sur elle.

« Jessie était la plus jeune des neuf enfants de Charles et Ida Mains (et la seule à ne pas être née en Ukraine). Mon père, Al Mains, était l’un des frères aînés de Jesse », nous a écrit Don. « Je connaissais assez bien Jesse. Elle était intelligente et avait une grande joie de vivre … Je ne connaissais pas cette histoire qu’elle avait écrite quand elle n’avait que 12 ans. Qui aurait pu imaginer qu’il y a 102 ans, tante Jesse avait écrit sur la grippe et Corona ? »

Don nous a envoyé une photo de Jessie, prise environ 5 ans avant qu’elle n’écrive cette histoire :

Jesse, 7 ans (assise au centre dans une robe blanche) avec sa famille à Winnipeg au Canada en 1913

Don a révélé que sa tante Jessie était une femme forte et brillante. Après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, elle travailla dans divers bureaux et gravit les échelons. Elle occupa de sa mère, Ida, jusqu’à la mort de celle-ci en 1945, lorsque Jessie avait 39 ans. Jessie a ensuite épousé un homme du nom de Max Lerner, et vécut heureuse avec lui jusqu’à sa mort. Elle est décédée en 1989 à l’âge de 83 ans.

Jessie avec sa famille, en 1970, debout avec l’écharpe rouge.

Qui écrit sait rarement si une histoire écrite peut résonner des décennies plus tard – encore moins une fillette de 12 ans qui écrivit une petite histoire toute simple pour un concours d’écriture. Qu’aurait-elle dit si quelqu’un lui avait dit que cette histoire s’avérerait si étrangement pertinente 102 ans plus tard ?

« Je ne peux que deviner », s’exclame Don. « Comme je l’ai dit, elle était intelligente et montrait un grand intérêt pour tout ce qui se passait dans le monde. Je pense qu’elle aurait été étonnée et surprise que son histoire ait autant de pertinence aujourd’hui. Je pense également qu’elle serait ravie que tant de gens lisent son histoire. Bien sûr, ajoute-t-il, la question que je lui poserais est de savoir comment elle a trouvé le nom « Corona » ! »

Laisser un commentaire

L’email est maintenu privé et ne sera pas affiché

  • DUPRAT maryse


    22 mai 2020

    BONJOUR
    Je ne sais à qui m’adresser,mais j’espère un jour avoir la solution à mon intrigue. Voila j’avais un grand père qui percevait une retraite d’ancien combattant de la guerre de 14/18. Pourquoi alors qu’il était italien et naturalisé français qu’en 1932. Il y a 2 ans lors du centenaire de cette guerre j ai pu voir des archives américaines et étant plutôt curieuse, j’ai tenté mon coup. Je suis tombée sur un document, le même qu’aujourdhui signifiant un engagement entre 1917/1918 dans l’armée americaine POURQUOI ? ET SURTOUT OU ? JE DESIRERAI SAVOIR OU JE POURRAIS ME RENSEIGNER.
    IL SE NOMME : ROMANI Primo Né En 1888 à LUCCA (ITALY) Et IL HABITAIT à MARSEILLE
    JE SUIS SA petite FILLE