D’incroyables découvertes généalogiques pour 6 talentueux chefs pâtissiers-chocolatiers

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Nous avons invité 6 des plus talentueux pâtissiers-chocolatiers de France à explorer l’influence de leurs origines sur leurs créations. Les chefs Angelo Musa (Plaza Athénée, Paris), Nicolas Bacheyre (Un Dimanche à Paris), Patrick Roger, Carl Marletti, Nicolas Cloiseau (La Maison du Chocolat) et Laurent Duchêne ont fait ce voyage vers leurs origines en compagnie du journaliste gastronomique Vincent Ferniot et de la blogueuse Sharon Heinrich de Paris Chez Sharon.

En savoir plus sur les chefs et leurs découvertes généalogiques sur le site Web Origines Sucrées – L’Héritage des Chefs-Chocolatiers. 

Les chefs ont beaucoup appris sur leur histoire familiale, ainsi que sur leurs origines ethniques. Regardez ici un aperçu de leur discussion animée avec le présentateur TV Vincent Ferniot :

Lisez la suite pour en savoir plus sur les chefs, les résultats sur leurs origines ethniques, et leurs découvertes généalogiques.

Carl Marletti

L’ancien chef pâtissier du Grand Hôtel Intercontinental a ouvert sa boutique dans le Vème arrondissement en 2007. S’il avoue aimer s’imprégner de la richesse des voyages et des rencontres pour concevoir ces nouvelles créations, nous avons pu constater que son histoire familiale est également très riche et diversifiée.

Ses origines ethniques sont en effet très variées : de l’Europe du Sud (28,4 % Grec et Italien du sud, 12,5 % Italien, 4,9 % Ibère), de l’Europe du Nord et de l’Ouest (27 % Anglais et 17,6 % Breton, Irlandais, Écossais et Gallois), 3,8 % Juif ashkénaze et 5,8 % Asiatique de l’Ouest.

Si Carl a connu son grand-père maternel boulanger pâtissier, il a été surpris de découvrir qu’il y avait également un boulanger du côté paternel. Son arrière-grand-père italien Alfonso Carletti était en effet boulanger à La Spezia dans les années 1900.

Alfonso Marletti qualifié de ‘fornaio’ sur l’acte de naissance de son fils Loris en 1905

Alfonso et sa famille quitta l’Italie pour la France à la fin des années 20 et devint… peintre en bâtiment pour subvenir aux besoins de sa famille et s’intégrer à son nouveau pays.

Angelo Musa

Champion du Monde de Pâtisserie en 2003 et Meilleur Ouvrier de France en 2007, Angelo Musa est le Chef Pâtissier Exécutif du célèbre Hôtel Plaza Athénée à Paris depuis 2016.

Vincent Ferniot et Angelo Musa

Ses origines ethniques sont majoritairement concentrées sur l’Europe : de l’Europe du Sud (39,7 % italien et 21,6 % grec et italien du sud), de l’Europe du Nord et de l’Ouest (12,6 % anglais et 9,2 % scandinave), de l’Europe de l’Est (8,7 %) et du Moyen-Orient (8,2 %).

Angelo est italien du côté de son père et lorrain du côté de sa mère. Sa famille paternelle vient d’un joli petit village des Pouilles, Locorotondo. Angelo a découvert que ses ancêtres exerçaient le métier de ‘paretaro’.  Le ‘paretaro’ construisait les murs de pierre sèche qui délimitent les terrains agricoles.  Savoir poser les pierres sèches correctement est un art, qui a d’ailleurs été ajouté récemment par l’Unesco au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Promesse de mariage en 1863 entre son arrière-arrière-grand-père Giuseppe Petrelli, qualifié de paretaro et la fille d’Ignazio Rosato, paretaro.

Ces délimitations étaient tellement importantes pour les gens que le ‘paretaro’ était non seulement bien payé mais se voyait aussi souvent offrir du vin, du pain frais, du fromage…

Du côté lorrain, Angelo a appris l’existence parmi ses ancêtres lorrains à Nancy d’un laitier et d’un coquetier. Le coquetier était un marchand ambulant récoltant les produits frais (notamment les œufs) dans les fermes pour les revendre au marché ou aux professionnels. En somme les ingrédients essentiels pour la pâtisserie !

Nicolas Bacheyre

Élu « Meilleur Espoir Pâtissier » en 2016, le toulousain Nicolas Bacheyre est chef pâtissier d’Un Dimanche à Paris (restaurant, salon de thé et boutique, entre autres) situé à Saint-Germain-des-Prés.

Vincent Ferniot et Nicolas Bacheyre

Natif du sud-ouest de la France, ses origines ethniques sont exclusivement européennes : Europe du Sud (72,2 % Ibère), de L’Europe du Nord et de l’Ouest (19,6 %) et de l’Europe de l’Est (8,2 %).

Les origines ethniques de Nicolas Bacheyre

Nicolas se posait beaucoup de questions sur son nom de famille. Il avait fait des recherches et découvert que son nom est remarquablement rare. Depuis 1950, seulement 3 personnes sont nées avec ce nom : son père, sa sœur et lui-même ! Nicolas suspectait un changement de nom peut-être dû à une origine étrangère.

Notre équipe de recherche a dû remonter 5 générations pour retrouver son ancêtre direct, le cultivateur Joseph Vaissière, originaire de la Haute-Garonne, qui s’installa en Ariège. C’est son fils, Jean, qui sera le premier homme de la famille à naître avec le nom Bacheyre. L’Ariège a transformé Vaissière en Bacheyre et le fort accent de ces régions a peut-être sa part d’explication.

La maison où est né son arrière-arrière-grand-père Jean Bacheyre, en 1855 à Daumazan dans l’Ariège. Ses parents étaient cultivateurs mais habitaient une maison du village.

Patrick Roger

L’artiste sculpteur chocolatier Patrick Roger est un fils de boulangers qui a confectionné ses premiers chocolats sur la table de la cuisine de ses parents. Depuis, ses créations géniales lui ont valu d’être Meilleur Ouvrier de France en 2000 et Chevalier de la Légion d’honneur en 2018.

Image : Patrick Roger découvre son histoire familiale en compagnie de Vincent Ferniot

Ses origines ethniques sont européennes : de l’Europe du Nord et de l’Ouest (44,3% Ouest et nord-européen, 8,2 % Breton, Irlandais, Écossais et Gallois), de l’Europe du Sud (26,6 % Ibère et 4,8 % Grec et Italien du sud), et de l’Europe de l’Est (16,1 % Peuple des Balkans).

Nous étions curieux de savoir s’il avait des ancêtres qui s’étaient démarqués autant que lui. Nous avons trouvé une ascendance très majoritairement composée de cultivateurs, avec toutes les nuances : laboureurs, journaliers et domestiques agricoles.

Cependant ses ancêtres ont un trait notoire : ils ont été plusieurs, et ce dans plusieurs branches, à se mettre au service de leur communauté, tel son ancêtre direct (6 générations) Jean-François Trécul qui était maire de Choue dans le Loir-et-Cher en 1843.

Place de la Mairie de Choue dans le Loir-et-Cher

C’est la découverte d’ancêtres meuniers qui a davantage attiré l’attention de Patrick Roger, comme ici son ancêtre direct (5 générations) François Jacques Boulay (né en 1841 à Droué dans le Loir-et-Cher) qualifié de meunier à la naissance de son fils :

Nicolas Cloiseau

Nicolas Cloiseau est le Chef de la célèbre Maison du Chocolat. Meilleur Ouvrier de France Chocolatier en 2007, il excelle à allier tradition et innovation.

Nicolas a des origines essentiellement européennes : de l’Europe du Nord et de l’Ouest (43,4 % Breton, Irlandais, Écossais et Gallois, 15,7 % Ouest et nord-européen et 14,8 % Anglais), de l’Europe du Sud (18,1 % Ibère et 6,5 % Italien) et 1,5 % Juif ashkénaze.

Étant lui-même reconnu pour perpétuer la tradition de la chocolaterie française tout en introduisant de nouvelles innovations, nous avons découvert que nombre des ancêtres de Nicolas (bourguignons d’un côté et bretons de l’autre) ont également exercé des métiers traditionnels, dont certains n’existent plus, comme son ancêtre Pierre Cloisel (né à Arthel dans la Nièvre en 1799) qui était bassecourier ou son ancêtre Marie Hyacinthe Le Masson (née en 1825 dans les Côtes-d’Armor) qui était filandière et dont le père était bourrelier.

Laurent Duchêne

Meilleur Ouvrier de France en 1993, Laurent Duchêne qui collectionne les prix de pâtisseries, a ouvert sa première boutique dans le XIIIème à Paris en 2001.

En plus de ses origines européennes, de l’Europe du Nord et de l’Ouest (32,5 % Ouest et nord-européen et 24,4 % Anglais) et de l’Europe du Sud (34,6 % Ibère et 2,6 % Italien), il a été surpris de découvrir 2,5 % Juif ashkénaze et 3,4 % Moyen-oriental.

Il a découvert, amusé, qu’une de ses arrière-grand-mères avait pour nom de jeune fille LAURENT :

Doté d’un grand esprit d’entreprise, Laurent s’est retrouvé dans les traits de son ancêtre direct (5 générations) Théodore Foulon. A son mariage, il était âgé de 24 ans et était tisserand alors qu’à la naissance de sa fille en 1824 il était cultivateur et qu’au mariage de sa fille en 1843, il était déclaré comme propriétaire. Une belle progression sociale.

Résumé

Nous avons été ravis d’avoir l’occasion de réunir ces six pâtissiers-chocolatiers pour discuter de leur métier et de leur histoire familiale. Pour en savoir plus sur les histoires familiales de ces chefs, sur leurs origines ethniques, et pour les voir discuter de leurs découvertes, visitez le site Origines Sucrées – L’Héritage des Pâtissiers-Chocolatiers.

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