kerlan francois 08 mars-2016
mon grand pere a fait la guerre 1914-1918 a ete blesse le 16 avril 1916 à Verdun.


En ce jour qui marque le début du centenaire de la bataille de Verdun, un doute m’assaille : mon arrière-grand-père a-t-il participé à cette bataille ? Si ma mère et ma grand-mère disent se souvenir qu’il racontait avoir été dans les tranchées de Verdun, au stade premier de ma recherche, ce qui nous reste de sa correspondance avec mon arrière-grand-mère ne permet pas de l’établir. Et son appartenance au 215e Régiment d’Infanterie non plus.
Léon, vous le connaissez déjà. Je vous ai parlé des cartes qu’il a laissées, de son registre matricule et de sa captivité en Allemagne durant les derniers mois de la guerre.
Je ne vais pas m’attarder sur les détails de cette bataille mythique qui a eu lieu du 21 février au 19 décembre 1916 ; les journaux et la télévision nous la présentent ces jours derniers sous tous les angles. Je vous conseille de regarder la vidéo dans cet article du Figaro Histoire que j’ai trouvée très intéressante :
Selon son registre matricule, Léon est incorporé dans le 20e régiment d’Infanterie le 7 septembre 1907, soldat de 1ere classe le 29 mai 1908 et son certificat de bonne conduite ‘Accordé’, il passe dans la réserve de l’armée active le 1er octobre 1909.
Un an plus tard, le 26 décembre 1910, il se marie avec Augusta. Il a 24 ans, elle en a 18.
Et puis l’Histoire le rattrape. Il est selon son registre matricule ‘rappelé à l’activité par décret de mobilisation du 1er aout’ et ‘arrivé au corps le 4 août 1914.’ Suit entre parenthèses l’indication : (215e Inf).
Le fringant jeune militaire, gants et cigarette à la main, laisse la place au soldat bien moins mis mais l’air alerte, entouré de ses compagnons d’infortune (non identifiés) :
Les lettres que Léon a écrites pendant la guerre ont été perdues, en revanche nous avons 416 cartes qu’il a envoyées à sa femme Augusta entre le 15 août 1915 et le 6 janvier 1919. Seules 34 cartes sont parvenues de 1916 : 6 en janvier, 1 en février, 13 en août, 2 en septembre et 12 en décembre. Voici le texte de celle, poignante, du 10 août :
Le 10 août 1916.
Ma chère Augusta,
‘La situation est toujours la même. Il n’y a pas de changement. Toujours nous ne pouvons guère sortir le jour. Quelle vie sombre quand je me rappelle les bons jours que j’ai passés à tes côtés. Mais hélas il ne faut plus penser au temps passé. Il ne nous appartient plus ; c’est le présent qui est dur maintenant. Il faut réellement avoir le caractère solide pour supporter mais puisqu’il le faut, il le faut. Oui je te l’assure que j’en serais heureux si j’ai le bonheur d’en voir la fin. Tout en pensant à ma souffrance morale, je partage encore la tienne et ne doute pas que tu as toi aussi beaucoup de peine et je n’en souffre que plus. Crois que j’ai versé plus d’une larme depuis notre séparation, la vie est bien dure. Mais il faut avoir tout de même espoir de voir des jours meilleurs, ainsi je te recommande d’avoir du courage, pour moi j’en aurai quoi qu’il arrive. Inutile de continuer mon discours sur ces malheurs, cela ne sert qu’à souffrir davantage. (…)
En attendant le bonheur de se retrouver, je t’envoie mes plus doux baisers.
À toi pour toujours,
Léon.
Et bien me voilà avec une nouvelle résolution pour cette année. Partir sur les traces de Léon entre février et décembre 1916 et tenter de trouver les réponses à mes questions avant le 21 décembre, fin du centenaire de la bataille. Une façon d’accompagner mon arrière-grand-père tout au long de l’année. Première étape : la lecture du Journal des marches et opérations du 215e Régiment d’Infanterie.
«Ce ne sont pas des soldats: ce sont des hommes. Ce ne sont pas des aventuriers, des guerriers, faits pour la boucherie humaine […] Ce sont des laboureurs et des ouvriers qu’on reconnaît dans leurs uniformes. Ce sont des civils déracinés.» Henri BARBUSSE (1873-1935), Le Feu, journal d’une escouade (1916)
En attendant de vous en raconter davantage sur le soldat Léon, je vous invite à inscrire dans les commentaires ci-dessous, en guise d’hommage, les noms de ceux qui dans votre famille se sont battus pendant la Grande Guerre.



Schmitt Suzanne
21 février 2016
Mon père Schmitt François-Pierre a fait la guerre de 1915-1917