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Centenaire de la bataille de Verdun

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En ce jour qui marque le début du centenaire de la bataille de Verdun, un doute m’assaille : mon arrière-grand-père a-t-il participé à cette bataille ? Si ma mère et ma grand-mère disent se souvenir qu’il racontait avoir été dans les tranchées de Verdun, au stade premier de ma recherche, ce qui nous reste de sa correspondance avec mon arrière-grand-mère ne permet pas de l’établir. Et son appartenance au 215e Régiment d’Infanterie non plus.

Léon, vous le connaissez déjà. Je vous ai parlé des cartes qu’il a laissées, de son registre matricule et de sa captivité en Allemagne durant les derniers mois de la guerre.

Je ne vais pas m’attarder sur les détails de cette bataille mythique qui a eu lieu du 21 février au 19 décembre 1916 ; les journaux et  la télévision nous la présentent ces jours derniers sous tous les angles. Je vous conseille de regarder  la vidéo dans cet article du Figaro Histoire que j’ai trouvée très intéressante :

Selon son registre matricule, Léon est incorporé dans le 20e régiment d’Infanterie le 7 septembre 1907, soldat de 1ere classe le 29 mai 1908 et son certificat de bonne conduite ‘Accordé’, il passe dans la réserve de l’armée active le 1er octobre 1909.

Léon dans le 20e RI avant la guerre

Un an plus tard, le 26 décembre 1910,  il se marie avec Augusta. Il a 24 ans, elle en a 18.

Augusta Dubuc, née Bonnet, l'épouse de Léon

Et puis l’Histoire le rattrape.  Il est selon son registre matricule ‘rappelé à l’activité par décret de mobilisation du 1er aout’ et  ‘arrivé au corps le 4 août 1914.’ Suit entre parenthèses l’indication : (215e Inf).

Le fringant jeune militaire, gants et cigarette à la main, laisse la place au soldat bien moins mis mais l’air alerte, entouré de ses compagnons d’infortune (non identifiés) :

Léon (1e rang, 1er à gauche) et ses camarades du 215e RI

Les lettres que Léon a écrites pendant la guerre ont été perdues, en revanche nous avons 416 cartes qu’il a envoyées à sa femme Augusta entre le 15 août 1915 et le 6 janvier 1919. Seules 34 cartes sont parvenues de 1916 : 6 en janvier, 1 en février, 13 en août, 2 en septembre et 12 en décembre. Voici le texte de celle, poignante, du 10 août :

Le 10 août 1916.

Ma chère Augusta,

‘La situation est toujours la même. Il n’y a pas de changement. Toujours nous ne pouvons guère sortir le jour. Quelle vie sombre quand je me rappelle les bons jours que j’ai passés à tes côtés. Mais hélas il ne faut plus penser au temps passé. Il ne nous appartient plus ; c’est le présent qui est dur maintenant. Il faut réellement avoir le caractère solide pour supporter mais puisqu’il le faut, il le faut. Oui je te l’assure que j’en serais heureux si j’ai le bonheur d’en voir la fin. Tout en pensant à ma souffrance morale, je partage encore la tienne et ne doute pas que tu as toi aussi beaucoup de peine et je n’en souffre que plus. Crois que j’ai versé plus d’une larme depuis notre séparation, la vie est bien dure. Mais il faut avoir tout de même espoir de voir des jours meilleurs, ainsi je te recommande d’avoir du courage, pour moi j’en aurai quoi qu’il arrive. Inutile de continuer mon discours sur ces malheurs, cela ne sert qu’à souffrir davantage. (…)

En attendant le bonheur de se retrouver, je t’envoie mes plus doux baisers.

À toi pour toujours,

Léon.

Et bien me voilà avec une nouvelle résolution pour cette année. Partir sur les traces de Léon entre février et décembre 1916 et tenter de trouver les réponses à mes questions avant le 21 décembre, fin du centenaire de la bataille. Une façon d’accompagner mon arrière-grand-père tout au long de l’année. Première étape : la lecture du Journal des marches et opérations du 215e Régiment d’Infanterie.

«Ce ne sont pas des soldats: ce sont des hommes. Ce ne sont pas des aventuriers, des guerriers, faits pour la boucherie humaine […] Ce sont des laboureurs et des ouvriers qu’on reconnaît dans leurs uniformes. Ce sont des civils déracinés.» Henri BARBUSSE (1873-1935), Le Feu, journal d’une escouade (1916)

En attendant de vous en raconter davantage sur le soldat Léon, je vous invite à inscrire dans les commentaires ci-dessous, en guise d’hommage, les noms de ceux qui dans votre famille se sont battus pendant la Grande Guerre.

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  • Schmitt Suzanne


    21 février 2016

    Mon père Schmitt François-Pierre a fait la guerre de 1915-1917

  • pierre cleach


    8 mars 2016

    kerlan francois 08 mars-2016
    mon grand pere a fait la guerre 1914-1918 a ete blesse le 16 avril 1916 à Verdun.

  • BERTIN


    8 mars 2016

    Mon père GASTON EDOUARD BERTIN NE EN 1892 A FAIT LA GUERRE .JE PENSE 1914/1918 A VERDUN.MALHEUREUSEMENT JE N’AI PAS D’AUTRE INFO IL VIVAIT EN NORMANDIE .

  • cordier


    8 mars 2016

    Le cousin de mon père MOENS ALEXANDRE EMILE né a AUBERVILLIERS 29 09 1889 artilleur meurt le 28 05 1916
    fils unique.J’ai numérisé sa correspondance ses photos s du
    cimetière de BLERCOURT ou il repose

  • Béniteau


    8 mars 2016

    Mes deux grand oncles sont décédés au champ d’honneur
    Fernand Béniteau en 1915
    Jean Béniteau en novembre 1918

  • DEMEURS Jacques


    8 mars 2016

    DEMEURS Antoine – Né le 7/2/1879 – dcd le 21/5/1941
    Agriculteur à Nouguy, Commune de Lauzerte (82)
    Marié le 21/12/1904 à Lauzerte
    à Anne Léonide POIRIE
    née le 30/11/86 – dcd le 20/03/1981

  • DEMEURS Jacques


    8 mars 2016

    Je possède deux cartes postales écrites par A. Demeurs (mon grand père) à l’occasion du nouvel an 2015 et une autre rédigée le 22 mai 1915.

  • Germaine Dies


    8 mars 2016

    Mon père Louis, Alfr
    ed, Ange CARLHIAN a fait la guerre de 1914 à 1918 – 6° hussard – recruté à Bizerte ou Tunis en Tunisie – décoré pour faits de guerre.

  • Pozin Routière dominique


    9 mars 2016

    Mon grand-père Camille Arthur Augustin ROUVIERE NÉ en 1880 à combattu à Verdun comme sergent mitrailleur Il a écrit son journal de guerre que son fils mon papa a publié sous !e titre:
     » Journal de guerre d’un combattant pacifiste » édition At!antica
    Il a vécu jusqu’en 1969 et j’ai profité de son érudition et de son savoir
    C’ètait un homme merveilleux

  • klein jean pierre


    9 mars 2016

    Mon grand pére Felix Klein a été gazé a Verdun et est decedé sur le chemin de l’hopitale a Lyon en 1917. Jean Pierre Klein

  • Palabaud


    9 mars 2016

    Mon grand oncle
    Jules Gonin , mort au champ d honneur à la fleur de l âge
    Respect

  • Georges Massinot


    9 mars 2016

    Mort Au Vauquois le 17 février 1917 .Om

  • Eliane ZIELINKA/ONEN


    9 mars 2016

    Mon Grand Pierre HALLOUET a été porté disparu en 1915. Ma Grand Mère n’a jamais su où il était, ma mère non plus. Il a fallu internet . Jai entendu un jour sur Europe que l’on pouvait retrouver trace de nos disparus sur un site. J’y suis allée : 10 mn après je savais où il avait été tué, où il était enterré et n° de sa tombe……. J’ai pu m’y rendre à SOUAIN La CROUEE : 30 735 sépultures dont 9050 identifiées
    Quelle tristesse

  • Lafue


    9 mars 2016

    Mon grand-père paternel Lafue Guillaume-Jean classe 1917 411e a fait toute la campagne de verdun gazé decoré de la Légion d’Honneur du mérite et il est décédé au début du printemps 1963. Né en 1897 31210 Valentine haute Garonne

  • Isabelle


    9 mars 2016

    Arrière grand père et son frère sont tous deux morts l un de blessures de guerre l autre tué à l ennemi dans d autres batailles en Meuse qui ont suivi celle de verdun. Infos précieuses obtenues grâce à memoiresdeshommes.sga.defense.gouv.fr

  • Joch-Bourrier Chantal


    10 mars 2016

    Nous avons tous un membre plus ou moins proche, qui a participé quand il n’y a pas laissé sa vie. La reconstitution aux Champs-Elysées, actuellement, le Musée de la Grande Guerre à Meaux, les commémorations et reconstitutions à Verdun- même visite il y a quelques années le coeur serré, les écrits, les souvenirs tangibles, tant de documentaires et de films. Mon père avait un frère, ainé de 6 enfants, qui partit en août 14 et fut fauché en 1915, je ne sais pas exactement où, ma petite grand-mère lozerienne ne parlait jamais de la dispartition de son fils de 19 ans, son premier-né.Même mon père, le 6eme -il y en eu trois autres ensuite- né en 1905, n’évoqua pas la guerre de 14, mais la sienne, prisonnier qu »il fut le 19 juin 1940 , pour cinq ans en un lointain Oflag du IIIe Reich. Mon grand-père maternel, médecin fut chargé de réparer « les Gueules Cassées » à l’arrière dans un Hôpital du Limousin, puis des Charentes, et reçut une centaine de cartes de remerciements jusque dans les années 20/25… Et je pense bon de signaler qu’il y a dans la Creuse un monument aux Morts dont la mention est « Maudite soit la guerre », c’est à Gentioux… Y en eut-il d’autres en France?
    J’ai emmené mes petits-fils adolescents, franco-américains, à Meaux cet été. Interessante reconstitution réaliste, et collections vues des deux côtés.

  • Benchetrit


    13 mars 2016

    Mon père Moïse ELBAZ, né en 1891 à Oran, a été gazé à Verdun et a eu les pieds gelés. Il s’est marié à Marseille en 1920. Il a eu quatre enfants. Il est décédé des suites de ses blessures à 1927 À Sidi bel Abbès. Et mon frère Elie ELBAZ a été porté disparu à la bataille de Monte Cassino en Italie en mai 1944 À l’âge de 23 ans et marié avec un fils de 1 an.

  • anne foissac


    14 mars 2016

    mon père Georges Bacot, croix de guerre, a été gazé à Verdun et était devenu étheromane suite à l’éther que l’on mettait dans leur quart de « pinard »pour aller bayonnette au canon sortir de leur tranchée et donner l’assaut car il en fallait du courage pour tuer un homme pas mieux loti que vous.

  • christiane de Saint Agnan épouse Rouyer


    29 mars 2016

    Mes deux grands-pères ont fait cette guerre, l’un dans l’aviation(Armand LENDERBAL, croix de guerre)) et l’autre (Henri de SAINT AGNAN)chez les sapeurs-mineurs(27ME RG; 26/2 M(marocains))(croix de guerre avec palme et médaille coloniale croix de guerre avec palme et étoile)

  • Jacques Tripier


    5 avril 2016

    Ma grand-mère maternelle faisait partie d’une fratrie de 10 enfants, dont 6 garçons, tous mobilisés pendant la Grande Guerre. L’aîné (Emile) fut tué en 1915, Henri fut grièvement blessé, Charles fut fait prisonnier, Paul se battit comme un lion, fut blessé, décoré de la Croix de guerre, et atteignit le grade de sous-lieutenant, Lucien infirmier en revint malade, et René le benjamin fut blessé. Toutes ces souffrances ont rendu l’Alsace et la Lorraine à la France.
    Comme je me sens redevable envers la mémoire de ces hommes !