Vos histoires : partons en voyage avec Stéphanie Metsers

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Aujourd’hui nous vous emmenons en voyage. Lisez le témoignage de Stéphanie Metsers, française de naissance, résidente au Canada, qui nous entraine entre autres en Hongrie et en Sibérie.

Je suis née dans le nord de la France. À l’âge de quatorze ans, en effectuant un devoir scolaire, j’ai découvert l’amour de l’écriture. Mais cet amour a réellement pris son essor dans ma vingtaine. J’ai commencé la rédaction de mon premier roman qui a été édité en 2002. Le second, autoédité, en 2006. Depuis je consacre ma vie à l’écriture. Tous les emplois et formations que j’ai effectués par la suite n’avait qu’un but, m’enrichir dans mon métier. Quelques années après mon installation au Canada, j’ai intégré l’université Laval pour préparer un certificat en création littéraire, dans l’optique de m’ouvrir à d’autres formes d’écriture. À présent, je consacre mon temps à la rédaction de romans et nouvelle, aux études littéraires et à la perpétuelle recherche de mes racines.

Mon arrière-grand-mère, Henriette Picard, possédait un gros livre dans lequel elle notait les événements importants de sa vie. Un jour, elle me le montra et je découvris le prénom de ses dix frères et sœurs. C’est à cet instant précis que je m’intéressais à la généalogie. Une curiosité, d’abord puis, une quête de ma propre identité familiale. Je l’ignorais alors, mais ce voyage au pays de mes ancêtres allait m’amener sur un chemin incroyable.

À l’époque je vivais dans ma région de naissance et il me fut aisé de récolter des informations par les actes de naissances, mariages et décès. Je remontais ainsi sur six générations en France et en Belgique.

Lorsque j’ai quitté le nord pour le sud, j’ai poursuivi mes recherches par lettres. Les mairies belges ont été formidables, allant parfois jusqu’à m’envoyer la traduction des actes.

Mais un mystère persistait. Mon grand-père, maternel, Férenc Plenter (prénom francisé en François) était Hongrois. C’est là que ma mère, prise par sa propre quête est entrée en scène et s’est occupée de cette partie de notre arbre. Ne trouvant pas de réponse elle est partie en Hongrie avec son mari. Ils ont retrouvé la cousine de mon grand-père par un incroyable concours de circonstances.

Mon arrière-grand-père Hongrois, qui s’appelait également Férenc, a quitté la Hongrie avec sa femme et ses deux enfants. Il a laissé sa famille en France pour retourner en Hongrie. Il devait rentrer au pays pour que son frère Adam soit libéré. Adam a bien été relâché, mais mon arrière-grand-père a été déporté en Sibérie où il a été exécuté, en 1929. Cette cousine que ma mère a retrouvée était justement la fille d’Adam. Adam a fait tout ce qui était en son pouvoir pour retrouver la femme et les enfants de son frère, en vain. Il est décédé deux ans avant que ma mère ne retrouve sa fille.

C’est tout ce que nous savions sur l’histoire des parents de mon grand-père. De retour en France ma mère a contacté toutes les organisations possibles, la Croix Rouge, le siège des mormons et même Nadine de Rotschild qui lui a répondu qu’elle ne pouvait rien faire pour elle. Les mormons ont refusé et la Croix-Rouge n’a pas réussi à obtenir les réponses aux questions de ma mère. Nous n’avons jamais su pourquoi ni où Férenc Plenter est mort. Un voile s’était levé, mais un autre plus sombre était tombé. S’ouvraient à nous une multitude de suppositions, mais une certitude demeurait, cet homme avait mis sa famille à l’abri avant de repartir sauver son frère et en ce sens, il devenait un héros. Comme cet autre arrière-grand-père, Georges Leblanc (L’époux d’Henriette Picard) qui avait affronté la seconde guerre mondiale.

Force était de constater que sans ces deux hommes, je n’aurais jamais vu le jour dans un pays libre.

Dans un même temps, je prenais conscience du lourd héritage familiale qui pesait sur mes épaules. J’étais le dernier membre des descendants de Férenc Plenter.

Son épouse s’est donc retrouvée seule dans une communauté hongroise d’une ville spécialisée en textile du nord de la France. Nous ignorions tout de sa vie, si ce n’est que sa fille est morte à l’âge de 10 ans d’une méningite.

De mon grand-père, son fils, nous n’avons jamais rien su. Il ne se souvenait de rien, selon ses dires.

Parce qu’il faut parfois s’accorder une pause, plus ou moins longue, pour intégrer ses découvertes, j’ai cessé mes recherches pour les reprendre ensuite. Je suis remontée un peu plus loin dans mes branches françaises et belges en constatant que ces membres de ma famille étaient des gens humbles et courageux, affrontant la pauvreté et les traumatismes des guerres.

Quand j’ai voulu reprendre mes recherches, j’ai découvert le site de MyHeritage et j’ai étendu mes recherches jusqu’aux premières croisades.

Au plus je descendais vers mes racines, au plus je m’émerveillais de découvrir que certains membres de ma famille étaient issus de la noblesse française. De ceux qui avaient bâti la France et avaient activement participé à son histoire.

Assise derrière mon ordinateur j’ai effectué un long voyage à travers l’histoire.  Il n’était plus question de mon histoire personnelle, mais de l’histoire de l’humanité.

Retrouver ses racines est un perpétuel enrichissement. Nos questions existentielles trouvent une réponse et l’on se sent un peu plus ancré dans son présent.

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  • Benoît Gautier


    5 août 2016

    Oui des réfugiés il y en eu à différentes époques, j’aimerais savoir où demander pour savoir s’il existe des traces de cela pendant les guerres de religion par exemple ?

  • Franck Moquette


    7 août 2016

    Merci de nous partager brièvement votre propre histoire. Lorsque j’ai commencé la généalogie, il y a une vingtaine d’année Hé oui sa ne rajeuni pas, mais j’assume très bien! J’étais loin d’imaginer que j’y consacrerai autant de vie. Évidemment avec le recul et, inconsciemment aux nombreux voyages dans les vieux pays comme on dit par ici, on découvre le monde, l’histoire, ses cultures etc. ce qui rend incommensurable, le lien avec sa généalolie , chacun y vague à sa guise, mais rare sont ceux qui ont la chance et la volonté de pousser leur recherche sur la découverte d’une époque, qui étaient réellement ces ancêtres, comment vivaient-ils ect. ? Ayant moi-même comme immigrant fait un retour sur ma terre natale après 48 ans d’absence, j’ai revu et appris plusieurs faits marquants de mon histoire de famille, qui m’a énergisé aux découvertes, au vouloir de tout développer sur ces époques et leur raison migratoire. Est-ce un travail de moine! Oui et non! Une simple passion qui se compare à l’horloger, celui-ci cherche la minuscule poussière qui fait perdre du temps. Nous notre temps c’est le voyage dans le passé, justement au fil du temps, de voyage, d’événements qui de prime abord nous semblent anodin deviennent par magie des faits compréhensibles qui complètent un lointain dilemme et nous voilà pour un instant éphémère comme sous l’emprise d’un feu d’artifice, un généalogiste travail solitaire, comme un moine mais n’est pas antisocial, c’est passionnel.
    Conclusion, merci! Moi, j’ai beaucoup aimé vous lire et cela me motive à vouloir sortir ma plume (Histoire de léguer un héritage à mon seul petit fils en ligne).
    Sincères amitiés.

  • Stéphanie Metsers


    2 septembre 2016

    Merci pour vos commentaires. Je vous souhaite de découvrir les plus petits secrets de vos racines. C’est un long et fastidieux voyage, mais cela en vaut la peine.

    Bien sincèrement
    Stéphanie Metsers