Une vie en mouvement

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Dans le cadre de notre rubrique ‘Vos histoires’ dédiée aux témoignages des membres de MyHeritage, nous vous emmenons en Pologne. Jędrzej Bukowski, utilisateur depuis 2008, nous raconte son histoire familiale qui se poursuit désormais en France.

Il y a un peu plus de 80 ans, je suis venu au monde à Brześć-sur-Boug (Brest-Litowsk), une petite ville à l’est de la Pologne, où mon père était médecin à l’hôpital local. Ma mère venait de Varsovie. Mon père était Lituanien.

Aleksandra Kierszys et Juliusz Bukowski, le 20 janvier 1934

Nous menions une existence tranquille lorsque la Seconde Guerre mondiale bouleversa la Pologne. Face aux événements, les gens, victimes des malheurs divers, cherchèrent des solutions aux difficultés. Nous aussi. C’est là que j’ai commencé à déménager : une longue série de lieux et d’adresses qui ponctuent ma vie. Mon père s’est installé à Częstochowa, berceau de nos traditions mariales, une ville où j’ai fait mes études. Ville aussi de quelques amitiés durables. Les difficultés de mes parents finirent par être insupportables, et je me suis trouvé avec maman à Varsovie et ensuite à Lublin dans une situation précaire, en pleine occupation allemande. Fort heureusement, mes parents ont trouvé une issue. Nous sommes rentrés à la maison, et en plus, mes parents ont donné naissance à ma sœur Anna.

Le 17 janvier 1945, Częstochowa a été libérée par les Russes, et la Pologne est entrée – sans vraiment s’en rendre compte – sous une nouvelle occupation étrangère, avec les conséquences dont nous devions prendre connaissance pendant longtemps.

Après mes études à Częstochowa, je suis allé à Varsovie, pour faire des études en langues romanes à l’Université, et j’ai pris contact avec la revue d’inspiration personnaliste Więź. Cela fut un moment crucial de ma vie. J’ai senti que des choses autrement importantes commencent : ambiance à l’université, professeurs, collègues et amis, rôle et mission que s’est fixés Więź en plein régime communiste et désirant un renouveau de l’Eglise en Pologne, voilà en quelques termes, de quoi ravir un jeune homme qui cherche une place dans le monde.

Surtout, j’ai connu, à Rome, la femme de ma vie, Jeanne (Adriana) van Tol. Surtout encore, Jeanne était très impliquée dans les travaux du Concile Vatican II ! Qui peut faire mieux ? Nous nous sentions, et nous nous sentons encore capables de déplacer des montagnes. Avec le pape François.

Jeanne (Adriana) van Tol et Jędrzej Bukowski, Amsterdam, le 1 août 1970

Ensuite, c’était le temps des enfants. A Varsovie, Aleksandra et Rafael sont arrivés en 1976 et en 1972, à notre énorme joie. Privilégiés, nous pouvions passer nos vacances en Espagne, chez les parents de Jeanne (Adriana), participer en qualité d’interprètes aux nombreuses conférences scientifiques, aux efforts de la revue Więź et partager les efforts de nos amis dans leur situation particulièrement politique difficile, inconnue dans les pays non communistes.

En 1990, je fus nommé consul général de Pologne à Lille. Une nouvelle responsabilité et un honneur qu’on ne refuse pas. Confrontés à des tâches nouvelles et inconnues, nous avons ainsi l’occasion de connaître et de travailler avec des gens extraordinaires, l’impératif de faire bien mon devoir vis-à-vis de mon pays.

En 1994 et 1996 Aleksandra nous a fait deux merveilleux cadeaux : Anastasia et Matthias ont enrichi notre petit clan. Mon épouse et moi, enchantés, nous nous sommes donnés avec bonheur aux nouveaux venus, et Dieu sait comment change le quotidien dans cette situation.

Jeanne (Adriana) travaillait dans l’Agence de l’Eau à Douai, je participais à l’équipe de spécialistes de la traduction automatique de l’Université de Grenoble.

Avec des amis, nous publiions, en français, une revue d’information Pol-Presse qui était, selon certains, un des meilleurs calendriers de l’état de guerre en Pologne.

... avec nos enfants et petits enfants

Je me suis rendu compte de l’importance de la durée, du temps et de la mémoire, et des documents. Ma propre place, ainsi que la place des autres dans ma vie, m’ont semblé importantes et mutuellement liées, complexes. J’ai appris à distinguer le privé du public, spécialement pendant ma recherche sur ma famille, par pudeur, je n’ai pas utilisé mes archives personnelles, notamment les lettres de mes parents, sûrement à cause d’une certaine difficulté à dévoiler « une vie de couple ».

Ces recherches ont été menées dans un premier temps sur l’ordinateur. Depuis assez longtemps, quand j’ai découvert MyHeritage, j’ai voulu profiter de ses grandes possibilités. MyHeritage m’a envoyé des fragments des arbres des familles PARRY (dont John époux de ma sœur décédée) et VAN TOL (dont Jeanne – Adriana, mon épouse).

Mon épouse s’intéresse à mes recherches et souvent m’aide grâce à sa grande mémoire. Nos enfants, largement adultes, sont, je pense, encore trop jeunes. J’ai eu des Matches, et je cherche en vain des informations sur le père de ma grand-mère (IGNATIEV), qui était probablement un personnage important dans la Russie des tsars.

Au coeur de Varsovie : place du Château avec colonne

Avant de conclure, je terminerai par quelques remarques à propos de la réalité politique actuelle en Pologne. Elle m’inquiète. J’ai l’impression que mon pays revient des années en arrière. Que les Polonais ont porté au pouvoir des nostalgiques du passé. Non seulement les Polonais d’ailleurs. En France, aux Pays-Bas, en Grèce et en Hongrie notamment nous observons la monté de la droite conservatrice et hostile à l’Europe. Mes amis de Varsovie m’en ont parlé il y a trois semaines. D’où vient cette simultanéité ? Un grand sujet de réflexion !

Un conseil pour écrire son histoire familiale ?  Avant tout, il faut bien réfléchir au projet, savoir ce qu’on veut dire. Les données doivent être rangées avec beaucoup de précision, selon une chronologie (ou par importance qu’on veut donner à son récit). Les photos et les documents d’époque permettent de situer le texte dans l’époque et de lui donner une certaine légèreté. Il faut varier gravité et humour des choses racontées.

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  • Jędrzej Baltazar Bukowski


    9 février 2016

    Je me sens vraiment très distingué. MyHeritage c’est une grande communauté et une famille qui se multiplie et qui retrouve les siens. MyHeritage, c’est bien plus profond…
    Merci