26    oct 201024 commentaires

I. Généalogie en Afrique de l’Ouest : la naissance d’une passion

Nous sommes toujours très fiers de présenter sur notre blog les histoires et recherches de nos utilisateurs. Cette semaine, voici l'histoire de Madame Madina Touré, une utilisatrice mauritanienne de MyHeritage dont l'arbre généalogique et les recherches sur ses racines nous plongent dans l'histoire de l'Afrique de l'Ouest :

"Je suis née, il y a un peu moins d’un demi-siècle dans la moyenne vallée du Fleuve Sénégal, sur la rive mauritanienne. Mes parents et deux de mes grands-parents y sont également nés. Notre ville, Kayhaydi (Kaédi pour le colonisateur Français), était la plus grande de la province du Bosséa à laquelle elle appartient. Cette province fait partie du territoire du Fouta-Toro, pays à cheval sur les deux rives du fleuve Sénégal peuplé à majorité par des Haalpulaaren (locuteurs du Pulaar/Fulfulde, langue des Peuls).

Mauritanie carte

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Je vivais dans une grande maison avec mes parents, mes frères et sœurs, ma grand-mère paternelle, une femme Soninké (une autre ethnie de la vallée), ma tante paternelle et certains de nos alliés. Mon grand-père paternel que nous n’avons pas connu, décédé avant l’âge de 50 ans, avait eu le temps d’épouser deux femmes avant ma grand-mère, qui lui ont donné chacune un garçon. Notre maison accueillait pendant l’été l’ensemble de mes cousins (fils de mes oncles paternels) lui donnant ainsi une allure de colonie de vacances.


La maison familiale de nos jours

Déjà très jeune, imprégnée de la double culture peule et soninké, j’étais dotée d’une curiosité au dessus de la normale. Je voulais tout le temps savoir l’identité des visiteurs de ma grand-mère paternelle, avec laquelle je partageais la même chambre. Celle-ci, loin de s’énerver, satisfaisait ma curiosité en me donnant en plus de leurs noms ses liens de parenté avec eux. C’est ainsi que j’enregistrais dans ma petite tête la plupart des informations relatives aux parents de ma grand-mère à telle enseigne qu’avant l’âge de 15 ans, je connaissais le nombre de ses frères et sœurs, celui de leurs enfants, les frères et sœurs de son père et les parents de ce dernier.

Mathilla Diagana, grand-mère paternelle de Madina, et ses petits-enfants

A cent mètres de notre maison familiale, vivait ma famille maternelle constituée de mes grands parents, des frères de mon grand-père, de leurs épouses, de leur progéniture ainsi qu’une clientèle attachée à la famille. A première vue, ils semblaient plus nombreux que nous, mais cela s’expliquait par un phénomène de migration plus développé dans ma famille paternelle.

A quelques pâtées de maison de là, vivait la dernière épouse de mon grand-père paternel, (qui fut sa seconde veuve) et ses descendants, demi-frères et demi-sœur de mon père. Cette proximité entre mes deux familles et le nombre impressionnant de leurs membres nous ont tous immergé (mes frères et sœurs et moi-même) dès notre jeune âge dans les relations de parenté.

Au sein de ma famille maternelle, ma grand-mère (une femme pourtant illettrée) était pour moi un grand maître à penser. Grande bibliothèque vivante, elle ne cessait de m’impressionner par son vaste savoir sur les traditions orales (l’histoire de l’Afrique repose en majorité sur ses traditions) qu’elle emmagasinait dans sa tête. Elle maîtrisait parfaitement toute la généalogie de notre famille et était aussi souvent consultée pour celle des autres.

Fatima Amadou Kane - Grand-mère maternelle de Madina

Mon enfance, bercée par ces deux dames qui étaient mes grands-mères, s’est enrichie de la forte présence d’un père pour lequel un parent ne vivait jamais assez loin pour ne pas recevoir sa visite. Doté de moyens financiers suffisants, il parcourait allègrement toute l’Afrique de l’ouest pour retrouver des membres de sa famille. C’est ainsi qu’avant mes 18 ans, je me découvre une famille au Sénégal, au Mali, en Guinée, en Côte d’Ivoire jusqu’au Nigéria pour ne citer que ceux-là."

Africa map political-fr

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A suivre ...

... l'histoire de madame Touré étant assez dense, celle-ci a été divisée en trois parties, la deuxième partie sera mise en ligne dès demain !

Commentaires (24) Trackbacks (4)
  1. Connectez vous au blog et envoyez vos commentaires et suggestions. Mon souci est de rassembler et non de diviser
  2. Merci bourana, j'attends avec impatience la suite de l'histoire. Les photos illustrant cette histoire familiale sont bien parlantes pour moi.
    Encore merci.
  3. bienvenu site googel
  4. Merci Bourana de sacraliser la famille au sens large et de nous donner encore envie d'en savoir plus.vivement la suite de ce voyage à l’intérieur du" clan"toujours illustré par un récit et des photos émouvants.
  5. Merci pour l'importance que tu accordes à la famille et à ses liens que tu nous fais découvrir à chaque fois. Que Dieu te donne force et énergie pour continuer.
    VIEUX et KADIA
  6. Bourana, ma soeur, ma cousine, je suis ému par ce texte incroyablement vivant. Mame Gogo, mathila mawdo, nos grands parents, la maison, notre maison, si vivante hier. Que d'émotions ! Bravo ! Il me tarde de lire la suite... que dis - je ? Les suites. Vivement que cette initiative fasse des bébés au sein de notre si vaste famille, afin que notre histoire soit mieux connue de tous. Une famille si belle et si simple grâce à la générosité des ses filles et de ses fils.
  7. Merci à vous tous pour votre soutien et pour le plaisir que le récit vous a donnés. A bientôt
  8. Merci Bourana de nous rappeler l’histoire et souvenirs magnifiques de notre famille.
    La joie en voyant ses souvenirs de kaédi et de la famille sont indescriptibles.
    Merci ma sœur on attend le reste avec impatience
  9. Merci encore. Pour lire la suite il faut cliquer sur "Trackbacks" au bas du texte. Bonne lecture.
  10. BRAVO MADINA TOURE DITE BOURHANE. CES SOUVENIRS NOUS FONT VRAIMENT PLAISIR. MERCI POUR CE BEAU CADEAU ET NOUS ATTENDONS LA SUITE AVEC IMPATIENCE. BON COURAGE ET COMME LES IVOIRIENS " ON EST ENSEMBLE"
  11. seydi Touré yo Allah mbhoyné é djokéré enham yo Allah yobhé mérdé maa dé .

    On attend la suite inchallah que Dieu facilite tout et unisse cette famille si vaste et si riche car la richesse des coeurs et bien plus importante que le matériel.
  12. Maachallah aunty you said all you are from a BIG FAMILY by excellence .MANTHILLA allahoma axhfir laha wa arhamaha amen
  13. Quelle surprise mon cher neveu! Comment te portes-tu? Je pense avoir atteint mon but dans la mesure où le texte attire tous mes proches. Merci mon Dieu de m'avoir donné une si belle famille.
  14. Avec quel art tu restitues l’univers familial dans lequel nous avons baigné ! Je suis si ému !
    Mamadou A TOURE (ThiernO)
  15. Madina,
    Par tes contributions, tu participes à l'édification et à la réhabilitation de notre histoire niée, piétinée, enfouie. Cette généalogie ajoutée à d'autres forment une chaine de notre histoire.
    De plus, tu as cette chance d'avoir un pied Pullo et un autre Sooninke.
    Bravo et merci pour Kayhaydi qui mérite une nouvelle monographie.
    Fraternellement.
    Ciré BA
  16. Javais bien reçu cette belle histoire de notre grande famille. J'en ai même fait quelques tirages que j'ai distribués aux membres de la famille qui s'y sont intéressé. J'attendais la suite la suite pour la diffuser aux parents guinéens. Nous ne connaissons toujours pas tous les détails sur notre vraie origine ; mais tu es sur la bonne voie pour nous l'apprendre et je t'en remercie très sincèrement.
  17. C'est un témoignage riche et d'une grande importance surtout pour les jeunes générations chez lesquelles les liens ont tendance à se distendre. Ton récit confirme que la compagnie des anciens (taaniraaBe ici) fait gagner en maturité. Merci grande sœur et cousine d'avoir partagé cette histoire et de contribuer à la préservation de la mémoire.
  18. Pour lire les suites cliquer sur "Trackbacks" au bas du texte pour visualiser. Merci pour vos commentaires et votre intérêt.
  19. Merci Burhaan! Ce texte et le plaisir qu'il implique: la lecture ont declenche, chez moi, le processus proustien, de la recherche du temps perdu; perdu, en tant que realite vivante, dont on ne peut plus capturer l'instant, l'ici et la, mais qu'on peut faire revenir a la surface de la conscience par l'etat de grace du conteur ( ou conteuse),qui, dans une alchimie merveilleuse, peut faire revivre l'avoir-ete, bref la fulgurance succulente du souvenir. Ton texte m'est alle droit au coeur et a la memoire: Kayhaydi de jadis, naguere et autrefois; il a fait rejaillir devant l'ecran de mon plaisir la galerie de personnes exceptionnelles ayant berce et accompagne ma tendre enfance, ma jeunesse et mon adolescence; et la palme revient a ta grand-mere maternelle: Gogo comme nous l'appelions si tendrement, car cette grande royale etait la personnification achevee de l'humanisme integral, toute en tendresse, amour, generosite, grandeur d'ame, noblesse de port et de comportement, bref une personne de grande extraction comme on n'en fait plus! Mathilla etait une grande princesse royale qui tenait tout son monde, qu'on craignait et adulait, en meme temps, car elle vous disait son fait avec une franchise et un detachement sans egal. tout ce monde etait petri de glaise islamique, en ligne directe du mouvement Umarien dont, nous sommes fiers d'etre les descendants. En lisant votre texte, l'ouvrage qui me vient a l'esprit c'est "CENT ANS DE SOLITUDE" de Gabriel Garcia Marquez, qui a reussi, dans une grande fresque, dans une saga familiale, a porter au firmament le plaisir de la memoire retrouvee; ceci pour dire, que je t'encourage d'ecrire ( Pourquoi pas donner le change et la replique a Mayse Conde, en ecrivant un "SEGOU" selon la perspective umarienne, selon les Toure, les Sakho, les Tall, parents et allies,Hein? Il y a beaucoup de grain a moudre de ce cote-la); ma niece, tu as un talent certain pour l'ecriture! En definitive en quoi consiste l'origine du roman, de la fable, de l'histoire, sinon dans le roman des origines! Quoi qu'il en soit, merci pour ce plaisir du texte! Quel cadeau genereux! Pour finir, je comprends que tu as decide de tisser l'histoire a partir du cote maternel, car les fondements de la societe se trouvant du cote du matriarcat( le saint Koran parle de "sirat al raheem"), et la vie est la pour temoigner que le jaillissement de la vie, la maternite, l'enfantement sont l'apanage de la gent feminine. Sur la dessus , notre societe n'a point attendu le feminisme ! Il reste qu'on doit multiplier les pogres du cote de Droits des Humains! Et pour avoir eu la chance unique d'avoir vecu a cote d'une grande dame devant l'Eternel, ton homonyme, Madina Mamoudou Ali Toure, le viatique qui en ressort sous forme d'experience continue de me servir d'aiguillon et de barometre dans un monde ou le proces de personnalisation et l'individualisme outrancier sont de rigueur. Eia pour la famille!
  20. Tonton Moctar, tu as tout dit et je ne sais que répondre. Merci mon cher oncle/frère, fils aîné de Madina Mamoudou Aly Touré.
    Vive la famille!!!!!
  21. Félicitations et encouragements à poursuivre cette quête exaltante et enrichissante.
  22. Merci beaucoup ma tante, ces temps ci je lis Amadou Hampathé Ba amkoulen et oui mon commandant. Ces lectures me plongent vraiment dans le vif du sujet, les traditions orales et la mémoire d'éléphant que possedent nos anciens. Moi issu de la nouvelle generation, ces recits sont tres important et nous permettent nous les plus jeunes de bien cerner et comprendre nos racines, donc de mieux nous connaitre nous meme.
    Beaucoup de respect et d'affection ma tante, vous me sidérez toi et papa ( Mame Seydou), vu la capacité que vous avez a retracer les liens de parenté entre les differents membres de la famille. Le monde evoluant (mal a mon gout) nous les jeunes generations n'avons pas eu la chance de connaitre cette epoque si authentique et riche, nous pouvons avoir des cousins mais ne pas forcement les connaitre.

    Merci encore une fois.
  23. Felicitations, Madina. "Job well done". C'est un travail de recherche tres rigoureux qui a ete tres elegamment bien ecris. Bon courage pour la suite.
  24. Thierno Seydou, Tapha, Tonton Toka, merci à tous pour vos commentaires. Cela me touche beaucoup. L'important était de rassembler le plus grand nombre de mes parents dans ce blog. C'est en bonne voie grâce à Dieu. Merci du fond du coeur et veuillez lire les suites en cliquant sur "Trackbacks" au bas du texte.

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