Entretien avec Pierre-Louis Laude, auteur du blog Aventures Généalogiques

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Dans le cadre de notre rubrique sur les personnalités de la généalogie, nous nous sommes entretenus avec le généablogueur Pierre-Louis Laude.

Présentez-vous en quelques lignes

Je suis originaire de l’île de la Réunion où j’ai grandi. Je vis aujourd’hui à Zürich en Suisse alémanique, j’ai 3 enfants. 

Quelle est votre activité ?

Je travaille dans une banque, dans un environnement très international. J’ai des collègues originaires de presque tous les continents, ce qui est très enrichissant pour la personne curieuse que je suis.

Comment est né votre intérêt pour la généalogie ?

A la naissance si on peut dire, puisque mon père m’a donné les prénoms de mes deux grands-pères, de ses deux grands-pères et de l’un de mes arrières-arrières-grands-pères. 🙂 Mon père est un passionné de généalogie et il m’a toujours beaucoup parlé de l’histoire de notre famille, de mes ancêtres aux origines diverses (France, Inde, Madagascar, Afrique de l’Est). Un souvenir marquant de mon enfance est que nous rendions toujours visite aux personnes les plus âgées de la famille pour recueillir leurs souvenirs, leurs histoires, leurs photos.

Il y a 5 ans, lors de la réunion annuelle d’une branche de ma belle-famille, il y avait un arbre généalogique affiché au mur. Tout au long de la réunion, les personnes présentes ont complété leur branche de l’arbre. J’ai pris le résultat en photo et c’est là que j’ai eu envie de commencer mes propres recherches, et particulièrement sur la famille de mon épouse.

Quelle est l’origine de votre nom de famille ? 

Ce nom vient probablement du latin laudes (pluriel du mot “laus”) qui signifie “louanges”. Les Laudes c’est aussi la prière que font les chrétiens au lever du soleil. Mon grand-père paternel fut le premier à porter le nom de LAUDE dans ma lignée patrilinéaire. Le nom de famille de son père est ONÉZIME, un nom qui a une histoire intéressante. Mon ancêtre Marie Onésime étant née esclave, elle n’avait pas de nom de famille. Elle fut affranchie avec sa mère Honorine en 1789. A cette époque on n’attribuait pas de nom de famille aux esclaves que l’on affranchissait. De manière très classique, le prénom de l’affranchie est devenu à la génération suivante un nom de famille. Et mes ancêtres ont eu ONÉSIME comme nom de famille avant que celui-ci ne se transforme en ONÉZIME.

Quelle est votre découverte généalogique la plus marquante ?

Difficile d’en choisir une. Je suis heureux de chaque découverte que je fais. Certaines recherches, comme celles sur mes ancêtres esclaves ou ceux venus d’Afrique ou de l’Inde, sont plus difficiles que les autres à cause du manque de documents.  Chaque petite trace trouvée, chaque petite avancée que je fais sur ces branches sont de vrais bonheurs. J’ai été très ému quand j’ai découvert la signature en tamoul de mon ancêtre ALADY originaire de Pondichéry sur un recensement de 1781.

Dans un autre registre, je dirais que le développement de généalogie génétique est ce qui m’a le plus marqué récemment. Le coût des tests ADN généalogiques baisse, de plus en plus de personnes ont testé, et avec cela les outils pour exploiter les résultats de ces tests s’améliorent. Dans ma famille, chez de lointains cousins d’origine réunionnaise tous descendants de l’esclave Honorine dont je parle plus haut, deux branches, une californienne et l’autre australienne se sont retrouvées grâce à ces tests ADN généalogiques. De mon côté je commence à exploiter mes résultats. J’en parle très brièvement sur le blog.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre blog Aventures Généalogiques

J’ai voulu raconter ma généalogie, mes recherches, bref ma passion autrement qu’à travers un arbre généalogique. Le blog offrait un moyen relativement facile. Ne sachant pas si j’aurais le temps de l’alimenter, je n’avais pas vraiment d’objectifs en me lançant dans l’aventure. Un an et demi plus tard, et même si j’ai écrit peu d’articles, je suis plutôt content du résultat. J’ai eu quelques contacts inattendus et surtout quelques messages d’encouragement (cet interview en est aussi un) qui m’ont fait très plaisir. Cette année je ne me suis fixé qu’un objectif pour le blog. En cette année 2018 où l’on commémore les 170 ans de l’abolition de l’esclavage, j’essaie de parler de mes derniers ancêtres esclaves, ceux qui ont été affranchis en 1848.

Un conseil pour les généalogistes débutants ?

Interrogez les “anciens”, les personnes les plus âgées de votre famille. Notez scrupuleusement toutes les informations transmises, et demandez à voir les photos quand il y en a. Demandez-leur si elles ont des cousins éloignés, contactez ces personnes, recueillez leurs souvenirs, leurs photos. Aujourd’hui la généalogie se fait beaucoup à l’ordinateur, via divers sites où on peut consulter des registres, des arbres, des bases données. Ces sites seront toujours là dans quelques mois, quelques années. Mais les souvenirs, les photos et la connaissance de ces anciens disparaissent souvent avec eux. Il faut donc aller à la rencontre de ces “anciens”.

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