Les 9 bonnes raisons de consulter les sites d’archives départementales

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Ceci est un guest post écrit par Guillaume de Morant, journaliste spécialisé en généalogie depuis plus de 20 ans. Dans ses articles pour La Revue française de généalogie (RFG) et pour le site Web du magazine, il se consacre à l’actualité de la généalogie et des nouvelles technologies utiles à la recherche d’ancêtres. Il est l’auteur de nombreux hors-séries de la RFG (Votre ancêtre Poilu sur InternetArchives en ligne, mode d’emploiLe meilleur des bases de données), de plusieurs guides dans la collection généalogie des Editions archives et Culture (Les mormons et la généalogieRetrouver un ancêtre français parti à l’étranger) et de livres. Guillaume de Morant publie également ses articles dans la presse magazine grand public (Paris-Match, VSD, Le Point, Sang-Froid, le Canard Enchaîné).

Connaissez-vous toutes les richesses des sites Web des archives publiques ? Savez-vous que la plupart des départements français proposent au moins une collection de documents numérisés, disponible gratuitement sur Internet ? Ces portails Web contiennent également de très nombreux autres documents en ligne dont l’intérêt généalogique est certain. Et de multiples informations qui donnent envie de se rendre sur place !

1. Chercher directement des actes concernant mes ancêtres

Retour aux sources de l’information ! Des documents originaux concernant vos ancêtres se trouvent peut-être conservés par un département français, celui dans lequel vos aïeux ont vécu. Chaque département dispose en effet d’un service d’archives et le site Internet de cette institution regorge d’informations. Vous y trouvez à la fois des informations pratiques sur les fonds conservés, mais aussi un accès direct à certains documents numérisés. Attention, le numérique ne représente pas plus de 1% des collections conservées par les départements. Une carte des portails publics d’archives est publiée par le Service interministériel des Archives de France. Quelques départements ne proposent pas encore d’état civil sur le Web (ou une collection très lacunaire) : le Doubs, le Finistère (79 communes), le Gard, le Gers, le Jura (4 communes), la Moselle (seuls les registres paroissiaux) et la Seine-Saint-Denis.

2. Fouiner dans l’état civil et les registres paroissiaux

L’état civil est la première source numérisée -et parfois la seule- proposée par les portails publics d’archives. Pour être précis, il s’agit dans la plupart des cas d’une collection assez complète, commençant il y a environ 100 ans pour les actes les plus récents et remontant jusqu’aux registres paroissiaux des années 1700, voire bien avant, selon les départements. Ainsi, le record est détenu par la Saône-et-Loire avec un registre des mariages de Givry qui date de 1335 ! Les registres d’état civil, créés en 1792 se répartissent en naissances, mariages et décès, ils ont succédé aux registres paroissiaux qui eux reprenaient les actes religieux des baptêmes, mariages et sépultures.

3. Découvrir l’offre Web des Archives départementales

Que trouve t-on sur le Web d’un portail d’archives départementales ? D’après une étude du Service Interministériel des Archives de France (chiffres 2015), les fonds d’archives les plus fréquents en ligne sont :

  • les registres d’état civil et les tables (89%),
  • les plans cadastraux (82%),
  • les registres paroissiaux 81%),
  • les registres matricules militaires (75%),
  • les recensements de population / état des paroisses et feux (66%)
  • les archives des hypothèques et de l’enregistrement (33%)
  • les minutes et répertoires des notaires (17%)
  • les archives communales (11%)
  • les délibérations communales (6%)

Sachez que de nombreux sites proposent également des fonds iconographiques et photographiques, voire des fonds sonores ou audiovisuels.

Au delà des fonds numérisés et en ligne, les portails d’archives comportent également des rubriques éditoriales. La même étude répertorie les plus fréquentes : celles comportant des informations pratiques sur le fonctionnement des archives (fonds conservés, délais de communication, etc.), des explications sur leurs missions (collecte, conservation, communication, etc.), leur actualité (horaires, expositions temporaires, mises en ligne, etc.), et comment confier ou verser ses propres archives.

4. Aller plus loin grâce aux instruments de recherches

Beaucoup de sites Web d’archives départementales proposent des « inventaires » ou bien des « instruments de recherche », termes finalement peu explicites pour le grand public. Un effort est fait actuellement pour rendre ces outils plus faciles à utiliser. Un instrument de recherche est la description du contenu d’un ensemble de documents. Les deux instruments de recherche plus répandus sont le répertoire (qui décrit sommairement le contenu de chaque article, sans entrer dans le détail) et l’inventaire (qui décrit une par une chacune des pièces qui constituent un article). Sur le Web, l’accès aux instruments de recherche peut se faire soit par un lien direct depuis la page de présentation, soit par le cadre de classement des archives. Dans ce cas, c’est une suite de menus déroulants qui va vous donner accès à un instrument de recherche précis (par exemple pour l’état civil par commune aux archives de Loire-Atlantique, dans la recherche par le Cadre de classement > état des fonds > Archives publiques > toutes périodes confondues > 3E état civil).

Comme ce n’est parfois pas si simple et que peu d’internautes sont en mesure d’utiliser nativement le cadre de classement, la plupart des sites Web proposent un accès par moteur de recherche ou mieux encore, une recherche à facettes, c’est à dire par filtre : accès direct à l’état civil en ligne, aux registres matricules, etc.

5. Préparer sa visite sur place

Et si l’envie vous prenait de tester la généalogie réelle après avoir découvert la généalogie virtuelle ? Avant de vous rendre dans la salle de lecture des archives du département où dorment les archives concernant vos ancêtres, retrouvez toutes les informations pratiques sur le site Web. Horaires d’ouverture, fermeture annuelle, etc. Lisez bien tous les renseignements pratiques, car parfois les bâtiments des archives sont éloignés des gares (si vous venez en train) ou au contraire, situés au cœur des villes où les places de parking sont comptées (pour votre voiture).

6. Lire des conseils d’archivistes sur la recherche généalogique

Qui mieux qu’un professionnel des archives connaît ses fonds et la manière de les exploiter, sinon l’archiviste qui en a la charge ? Ecumez les sites Web des archives départementales et vous y trouverez de nombreux conseils pour la recherche prodigués par les archivistes. Dans les rubriques d’aide, les notices sur « comment faire sa généalogie » ou « comment retracer l’histoire de sa maison » sont souvent très utiles.

7. Connaître les particularités locales

Parfois, il vaut mieux prendre le temps de lire les descriptions des fonds plutôt que se lancer tête baissée dans une recherche. L’état des notaires vous en dira long par exemple sur les archives déposées –on non- par ces professionnels du droit. Même remarque pour la carte des communes disparues et de celles qui ont changé de nom. Tout cela pour éviter de rechercher un acte qui n’existe pas ou un lieu classé sous un autre nom.

8. Partager mes découvertes

Une fois devant l’acte de mariage de vos arrières-grands-parents, il est tentant d’en faire une copie d’écran et d’en réutiliser l’image. Beaucoup de généalogistes aiment partager leurs découverte sur les réseaux sociaux, dans leurs arbres généalogiques ou bien sur leurs blogs. Sachez que cela est possible dans la plupart des cas, si vous n’en faites pas de réutilisation commerciale (pas de publication dans un livre par exemple). Faites cela dans le respect des licences « clics » que vous acceptez dès lors que vous consultez les fonds en ligne. Lisez les bien !

9. Participer à l’indexation collaborative

Pourquoi ne pas faire profiter d’autres chercheurs de votre expérience de la lecture d’actes anciens ? Ou tout simplement donner un peu de temps pour reporter des noms, des dates et des lieux relevés dans des registres sur Internet ? Cela permet d’alimenter une base de données avec liens directs et comme cela, le prochain généalogiste qui recherche votre arrière-grand-père n’aura pas à tourner 1000 pages pour trouver directement son acte de naissance.

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  • Henri MIQUEL


    22 septembre 2016

    Très intéressant. Puisque les informations sur l’Etat civil sont à rechercher, avant 1789, dans les archives paroissiales, je voudrais savoir si celles-ci sont conservées aussi dans les archives départementales et, dans le cas contraire, comment et où les consulter ?

  • BIGMAT


    22 septembre 2016

    Vous écrivez que « Quelques départements ne proposent pas encore d’état civil sur le Web (ou une collection très lacunaire) : le Doubs, le Finistère (79 communes), le Gard, le Gers, le Jura (4 communes), la Moselle (seuls les registres paroissiaux) et la Seine-Saint-Denis. »
    En ce qui concerne la Moselle, désolé, mais ce n’est pas vrai.
    Les AD 57 sont ouvertes au public tous les jours et on peut y consulter nombre de documents: archives en ligne, etc…
    Voir le site: http://www.archives57.com

  • Martine Laigneau


    23 septembre 2016

    Bonjour je suis a la recherches de ma famille cote arsene et chevalier

  • Martine Laigneau


    23 septembre 2016

    Arsene adolphe auguste ernest nee 02 05 1912 a baillou loir et cher 41

  • Roger Richard Fontaine


    23 septembre 2016

    c’est regrettable que nous ne pouvons pas accèder aux fiches ou dossiers départementales, municipales, ou civiles sur l’internet. Il semble qu’il faut etre sur place afin d’avoir accès aux dossiers.

  • CAREL


    23 septembre 2016

    Mille raisons de remercier M. Guillaume de Morand pour toutes ses interventions en matière de généalogie et de recherche des ancêtres et surtout sur son travail avec l’Insee et la diffusion gratuite de certaines informations trop souvent dissimulées au commun des chercheurs dont je suis ! Carel

  • Baqué


    24 septembre 2016

    Bonjour Monsieur Oui j’aimerais savoir, de mes ancêtres afin de mieux connaître le passé et leurs provenances

  • BRIX


    25 septembre 2016

    BIGMAT, non l’état-civil n’est pas en ligne aux AD57, et à peine la moitié des archives paroissiales!Pratiquement aucune commune du pays de Bitche (heureusement Loutzviller).
    Quand aux tables décennales qui elles vont jusqu’en 1952, quelle utilité? A quel parent dois-je attribuer untel vu le nombre de prénoms similaires?
    Au fait, je recherche les pièces du procès suite au décès en 1914 de mon arrière grand père Michel Schauner écrasé par l’architecte Fleischer, alors chef des pompiers de Metz. J’ai les attendus du procès en appel de 1922 de la cour de Colmar( et les archives du 68 m’ont bien orienté), mais FIN DE NON RECEVOIR aux archives du57, ce n’est pas leur rôle,je n’ai qu’à me déplacer! Peut-être pourriez-vous vous charger de cette recherche, je n’ai rien trouvé à ce sujet sur le site. Merci d’avance.