7    juin 20131 commentaire

Entretien avec Patrick Cavallo, président de l’AGAM

Dans le cadre de notre rubrique consacrée aux acteurs de la généalogie, nous mettons en avant aujourd’hui l'Association de Généalogie des Alpes Maritimes, engagée actuellement dans un projet ambitieux sur la Grande Guerre . Nous avons rencontré le président de l'AGAM au Congrès National de Généalogie à Marseille la semaine dernière. Patrick Cavallo nous parle de l'association et de ses projets, et expose sa vision optimiste sur l'avenir de la généalogie.

Patrick Cavallo, président de l'AGAM

Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Je suis originaire de Nice. Ingénieur de formation, je  travaille pour une multinationale, ce qui m’a permis de beaucoup voyager et de découvrir des pays et des cultures différentes et nouvelles. Depuis ma jeunesse,  j’ai toujours été attiré par l’histoire locale et internationale. Je suis marié et père de deux filles d’une vingtaine d’année.

Comment est né votre intérêt pour la généalogie ?

Dans ma famille tous mes arrière-grands-parents avaient des patronymes à consonance niçoise ou italienne sauf une qui portait un nom bien français, symbole même de notre dictionnaire. C’était mémé Larrousse, je savais qu’elle était originaire du Béarn et d’Igon plus précisément. Mais que venait-elle faire là dans les Alpes maritimes aux XIX siècle ? Un jour, en vacances dans les Pyrénées Atlantique je décide de sauter le pas et je me rends aux archives départementales de Pau.  Et comme bien souvent lorsque vous commencez à accrocher le sujet, c’est souvent pour longtemps.

Quel est l'origine de votre nom de famille?

Mon nom de famille est d’origine italienne. Il est assez répandu dans la péninsule. Ma racine autant que je sache (XVIème) est du Piémont, de la région de Boves. Sa graphie piémontaise  était Caval qui a été italianisée en Cavallo au cours des siècles.

Pouvez-vous présenter l'AGAM à nos lecteurs  ?

L’Association Généalogique des Alpes-Maritimes (AGAM) a été fondée en 1982 lors de la sectorisation du Centre Généalogique du Midi Provence qui réunissait les généalogistes amateurs des  régions PACA et Corse. C’est la plus grosse association généalogique du Sud-Est et nous avons de l’ordre de 380 membres. Leurs profils sont très variables, cela va du débutant au chercheur confirmé, du retraité en recherche d’activité au jeune curieux ou amateur d’histoire.

L’association a pour objet :

- La réunion de personnes pour favoriser les échanges et les conseils.

- L’assistance à ses adhérents pour l’utilisation de moyens de recherche modernes.

- L’étude des rapports entre la généalogie et l'histoire.

- La mise en œuvre d'actions ou de réalisations contribuant à la sauvegarde du  patrimoine archiviste, par des travaux communs d’intérêt général comme des relevés systématiques d’actes.

Comment l’association fonctionne-t-elle ?

L’AGAM, pour aider ses adhérents dans leurs recherches, met un accent particulier sur la formation avec des cours qui s’adressent à tous : les premiers pas en généalogie ou en informatique, logiciels de généalogie, utilisation des bases de données sur Internet, les recherches notariales….

Notre participation à la base de données nationale Généabank, permet aux adhérents l’accès gratuit aux relevés de l’association mais aussi à ceux des autres associations participantes : 72 millions d’actes disponibles en fin 2012. Cela facilite les recherches de vos ancêtres à l’intérieur et à l’extérieur du Comté.

Nous organisons des rencontres généalogiques dans les villages du département, rendez-vous incontournable de tous les passionnés par la recherche de leurs origines et la mise en valeur du patrimoine régional.

Nous organisons des réunions et des permanences, sur Nice, Antibes, Mouans-Sartoux et Biot.

Nous diffusons sur une base trimestrielle un bulletin disponible pour tous (adhérent ou non) sur notre site web. Ce document fourni des informations passés et futures sur les activités de l’association ainsi que des articles à caractères historique ou généalogique.

Le site de l'AGAM

Quels sont les travaux actuels ou déjà portés à terme ?

Nous poursuivons notre travail de dépouillement systématique, c'est-à-dire le relevé des différents actes concernant la période du XVI au XX siècle des communes de la région : « cœur des familles niçoises et de leurs histoires ». En 2012, plus de 800 000 actes ont déjà été relevés et mis à la disposition des généalogistes aux Archives Départementales, dans les mairies concernées où ils sont consultables par tous.

Nous avons lancé un gros projet en 2011 dénommé « Bleuets » pour rendre hommage aux morts pour la France en 14 -18. C’est la création d’un relevé et d’une base documentaire sur les hommes et femmes originaires, résidents ou décédés dans les Alpes-Maritimes durant  la Première Guerre mondiale. La publication de nos résultats est prévue  pour août 2014 avec  le centenaire de la déclaration de guerre.

Quels sont les projets de l'association pour l’avenir ?

Nous voulons dans un premier temps terminer dans de bonnes conditions notre projet Bleuets afin de pouvoir enclencher comme prévu l’étape de diffusion de notre travail qui est prévu pour la période 2014-2018. Ce transfert de connaissance se fera par le biais d’expositions, de journées de généalogie mais aussi d’intervention en milieu scolaire chez les plus jeunes afin de leur parler de la vie de leurs arrière-arrière-grands-parents qui sont tombés pour défendre la république.

Nous avons également l’intention d’organiser sur une  base bisannuelle un salon de généalogie dans les Alpes- maritimes regroupant les associations locales et celles du grand Sud-Est comme nous l’avions fait une première fois en 2011.

Le stand de l'AGAM au Congrès National de généalogie à Marseille la semaine dernière.

Quel est selon vous l'avenir de la généalogie ?

Je suis persuadé que la généalogie a un bel avenir devant elle, avec l’évolution de la famille moderne  qui  avec les carrières professionnelles, provoquent l’éclatement géographique de la  structure familiale. La transformation de la famille traditionnelle  vers malheureusement une généralisation de familles recomposées crée chez l’individu de base un besoin fort de retrouver ses racines. L’être humain aime  de façon générale pouvoir se raccrocher  à une identité patrimoniale,  géographique ou autre. Avec l’évolution formidable des technologies de l’information nous constatons aussi qu’il est de plus en plus facile de trouver, de partager de trier des informations qui aurait demandé un travail considérable et inatteignable au chercheur solitaire il y a quelques année. Tout cela me fait dire que nous avons beaucoup de travail de recherche, de progrès et de résultats intéressants devant nous.

Un conseil pour les généalogistes débutants ?

Profitez de vos anciens tant qu’ils sont encore là, discutez avec eux le plus possible, notez tout ce qu’ils vont vous dire. N’hésitez pas à poser des questions même parfois un peu indiscrètes. Parcourez les albums photos, à ce sujet je recommande personnellement de noter les noms au crayon papier au verso et de numériser les photos ou les papiers familiaux que vous trouveriez chez les oncles et les tantes.

Commentaires (1) Trackbacks (0)
  1. Bonjour,
    Je suis très intéressé par le projet "Bleuets". J'habite à Nice. Mes grands-pères, nés respectivement en 1888 et 1898 ont été mobilisés sur Antibes pour rejoindre le front dès les premiers instants du conflit. Ils ont eu des destins divers (tranchées au Chemin des Dames pour l'un et prisonnier en Autriche pour l'autre). J'ai déjà entamé des recherches sur les camps de prisonniers. Je suis donc très intéressé par votre Association.
    Bien cordialement
    Alain J. Audibert

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