12    fév 20132 commentaires

L’histoire familiale d’Hervé de Fonclare, utilisateur français de MyHeritage

Aujourd'hui, dans le cadre de notre rubrique 'Vos histoires', nous vous invitons à découvrir l'histoire familiale de Hervé de Fonclare. Une histoire riche en couleurs. Un grand merci à Hervé qui a accepté de nous en faire part.

Hervé de Fonclare

En 80 ans d’existence, j’ai vu du pays et des gens. Mon père était officier de carrière et nous avons fait plusieurs garnisons. A six ans, nous avons quitté la France pour le Maroc qui a été longtemps ma seconde patrie. J’y ai fait mes études secondaires. En 1952, j’ai fait mon service militaire, en Autriche, puis dans une école d’officiers de réserve, enfin dans un bataillon parachutiste de choc. Après deux ans en métropole, je suis parti pour l’Afrique Noire. Sierra-Leone, Sénégal, Guinée. En 1958, la Guinée étant devenue invivable, je me suis replié avec ma jeune femme sur l’Afrique du Nord. Je suis resté en Algérie jusqu’en 1964. Je n’ai pas retrouvé en France la situation que j’avais à Oran : directeur de société industrielle et commerciale. J’ai eu plusieurs situations avant de prendre un poste de directeur administratif et financier dans une concession automobile en région parisienne. J’y suis resté jusqu’en 1979, date de ma retraite. C’est à Saint-Brieuc, ville de mes grands-parents maternels que j’ai posé mes cantines. Je suis toujours dans cette vieille maison de famille que mon arrière grand-père avait acquise en 1864. Jusqu’à ces derniers mois, nous faisions des chambres d’hôtes B&B. J’ai également élevé  des chiens de race : bergers allemands ; mais surtout je reçois mes enfants et petits-enfants.

Mes tribulations ne m’ont pas empêché d’élever 7 enfants, ce qui n’est pas rare dans les familles de militaires. Ce qui est plus rare est le nombre de nos petits-enfants : 42 ! Les arrière petits-enfants ne sont actuellement que 8 mais il est à prévoir que ce chiffre va rapidement augmenter. La photo ci-dessous date un peu. C’était en 2008 : nous fêtions nos 50 ans de mariage. Nous n’avions pas pu réunir tout ce monde : un ménage était à l’étranger mais nous avions joliment décoré la pelouse du prieuré de Dinard, en face de Saint-Malo.

Comment vous êtes-vous intéressé à votre histoire familiale ?

Vous me demandez comment je me suis intéressé à la généalogie et à l’histoire familiale. Il a bien fallu que je m’intéresse à ma descendance ! J’ai conscience d’écrire une histoire. Il s’avère que je suis à un carrefour de pistes. Des lignées se croisent à mon niveau : la lignée dont je porte le nom est en Languedoc depuis des siècles. Elle s’est alliée à la fin du 19ème à une lignée savoyarde depuis la nuit des temps. Du côté maternel, deux souches très ancrées dans un terroir : le Bordelais d’une part, la Bretagne de l’autre. Avouez que c’est un beau croisement. Chaque lignée a ses caractéristiques bien affirmées et de cette intersection repartent de nouveaux rameaux dont sortira une grande variété de parcours. Il y a pourtant un point commun entre ces différents couples : le goût du métier militaire. Sur 7 ménages, 6 sont des ménages d’officiers. Mais ne croyez pas qu’ils sont formatés à l’identique. Si deux servent à la Légion étrangère, il y en a un qui est parachutiste et pas l’autre. Dans les parachutistes, il y a ceux qui sont de l’infanterie de Marine et celui qui est parachutiste  métropolitain. Il y a de la diversité dans l’uniforme.

Il était autrefois de tradition dans les familles aristocratiques que l’aîné prenne la suite du père et que le cadet entre dans l’armée. C’est ce qui s’est passé dans quatre générations successives sans l’avoir vraiment programmé. En plaisantant, on dit que l‘on met l’aîné de côté 'pour la graine'. mais entre nous ça ne marche pas toujours.

Dans ces conditions, comment s’étonner que je m’intéresse à la généalogie ?

Antoine de Fonclare, son père

Qu'avez-vous découvert ?

Dans les familles aristocratiques ou bourgeoises, il faut bien dire que les choses sont plus faciles. J’ai dit que mes ascendants étaient constitués de quatre branches bien distinctes et cohérentes. Je vous en donne un bref aperçu.

• En Languedoc, pays de droit écrit, les actes notariés sont abondants : mariages testaments, contrats de vente ou de location. Dans ma famille paternelle, un cousin a dépouillé les actes notariés de diverses études de Saint-Pons (Hérault). Il en a fait un livre en dressant un arbre généalogique. Tout n’est pas à prendre au pied de la lettre mais c’est un départ. Le plus ancien ancêtre connu fit son testament en 1498. Je le savais. Il m’a suffi de creuser la question et d’étoffer le décor, immuable du 15ème siècle à la fin du 19ème. Ces familles toutes liées entre elles avaient le privilège d’exercer l’art et science de verrerie sans déroger.

• Mon grand-père avec le déclin des verreries forestières, entra dans l’administration qui lui offrit un poste en Savoie. A peine dépaysé, il retomba sur ses pieds, épousa la fille d’un banquier dont il reprit les affaires et se lança dans la politique, avec un succès honorable. Son épouse était de Tarentaise. J’ai découvert qu’au 17ème ses ancêtres étaient venus des environs de Briançon, comme colporteurs. Le petit village de Salle-les-Alpes avaient fourni sur toute la région et au-delà d’habiles commerçants qui finissaient au bout de quelques générations par se fixer dans une petite ville puis dans une plus grande. Poursuivant leur ascension sociale ils devenaient souvent maires de ces sous-préfectures.

• Du côté maternel, deux branches, prestigieuses l’une et l’autre mais dans des domaines différents. La branche bordelaise, connue depuis le 17ème s’était illustrée dans la magistrature. A la fin de l’Ancien Régime, Pierre Jules Dudon était procureur du roi à Bordeaux. Il fut emprisonné et non condamné à mort car il était âgé. De ses deux fils, l’un fut guillotiné, l’autre qui était garde du corps du Roi Louis XVI émigra en 1791, se maria en Allemagne, revint en France en 1812, servit Napoléon, fit venir ses enfants en France, puis une fois veuf, entra au séminaire et fut ordonné prêtre. Je descends deux fois de ce personnage haut en couleurs, puisque Jules et Caroline était cousins germains, ce qui me pose des problèmes pour établissement de mon arbre !

• Nous voilà à la quatrième branche, bretonne pur jus. Marguerite Dudon épousa Julien dit Sullian COLLIN, issu d’une souche paysanne qui fit une brillante ascension sociale grâce à un don musical exceptionnel qui apparut un beau jour dans la famille. Depuis 1789, date de la naissance de Julien Collin, les papiers  ne manquent pas. Sans oublier les partitions musicales.

Portrait d'un ancêtre DUDON

Mon grand-père COLLIN a soigneusement recopié une foule de documents sur sa famille et les familles apparentées. Des chercheurs ont puisé dans cette riche matière pour rédiger qui un livre, qui une thèse. Dans la généalogie des Collin, j’ai remonté plusieurs générations au-dessus de Julien mais il est peu productif d’aligner des noms du moment où l’on sait que ces ancêtres se fondaient dans la grande masse des paysans de haute-Bretagne dont les modes de vie sont connus. Je suis fier de cette ascendance, comme des autres.

Ce qui me frappe le plus est le désir de tous ces individus de progresser dans la société, de développer des valeurs morales et de s’y tenir. Il est à noter que toutes ces familles sont très attachées à la religion.

Votre famille s’implique-t-elle dans votre recherche généalogique ?

Je ne saurais dire depuis combien de temps je suis abonné à MyHeritage, plusieurs années sûrement. Un des raisons majeures de ce travail est pédagogique. J’ai dit que j’avais 7 enfants et 42 petits enfants. Ils doivent se connaitre entre eux et savoir d’où ils viennent. Partant de là ils sont tous membres de mon site et ils le consultent souvent pour voir les visages des uns et des autres. C’est toujours plein d’enfants. Dire qu’ils m’aident serait exagéré : ils font confiance !

Quelques cousins m’ont aidé. Mais très souvent ils se contentent de piller mes informations. Je dois avoir environ 500 personnages dans mes généalogies. J’arrive à les mémoriser à peu près tous. En fait je ne cherche pas en avoir beaucoup plus. Je suis un peu surpris quand je vois certains faire état de plusieurs milliers de noms. Le sens de cette accumulation m’échappe. Personnellement je m’en tiens à mes ascendants et à mes descendants.

Pourriez-vous partager avec nous une expérience  vécue lors de vos recherches ?

Pour vous raconter une anecdote toute récente, je vais revenir au garde du corps. Nous avons vu qu’il se maria puis divorça. Il eut d’Elisabeth 3 enfants. Dans sa correspondance, il fait état d’une femme qui le harcèle pour qu’il reconnaisse un enfant qu’elle dit être de lui. Quelle ne fut pas ma surprise, il y a quelques semaine de recevoir un message d’un doktor allemand qui me dit descendre par les femmes de mon ancêtre. Ma première réaction a été une certaine gêne : affirmer que la chose n’était pas possible eut été déplaisant. J’ai demandé à voir et j’ai reçu des documents établis sous le IIIème Reich faisant état d’une filiation bien claire. Fort embarrassé, j’ai adressé à mon correspondant les documents que je possédais. Dire que mon ancêtre était un menteur me gênait. J’ai attendu la réponse avec une certaine anxiété. Mon correspondant allait-il prendre feu et flamme ? Heureusement, il a bien pris la chose. Il m’a répondu aimablement, se promettant de faire de nouvelles recherches, en particulier un certain tableau qui serait celui de notre ancêtre commun. J’attends.

Une anecdote lié à MyHeritage ?

Là où vous m’avez bluffé c’est le jour où vous m’avez donné le relevé du tombeau de la famille Collin ! Dans mon site, j’accède à une ‘Record Match’. Et là, je découvre face à face des noms de mes ancêtres et de mes oncles, d’une part et les inscriptions de la tombe d’autre part. Les données correspondent. Il est fait référence au cimetière Saint-michel de Saint-Brieuc. Je connais bien le tombeau. Nous sommes d’ailleurs en train de refaire les lettres, un peu effacées. Qui est allé relever les noms des défunts sur cette tombe ? En tout cas pas moi. C’est assez impressionnant.

Quelles recommandations pouvez-vous donner à qui commence les recherches ?

Vous me voyez bien embarrassé pour donner des conseils. Il faut chercher, tâtonner, surtout je crois, se fixer un objectif, par exemple tirer du passé des enseignements pour le présent, aider ses enfants…

Commentaires (2) Trackbacks (0)
  1. très interressant, Bien merci ; Monsieur; pour ce partage humble et enrichissant !
  2. Sympa ce blog RV j'ai trouvé l'histoire de ta famille sur Internet, belle famille mon Ami tu en es un noble descendant !

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