12    juil 20120 commentaire

Alfred Dreyfus, un cri pour la justice


Alfred Dreyfus

Le 12 juillet 1935, Alfred Dreyfus, dont le nom résonne douloureusement dans l’histoire française, décède à Paris.

L’affaire Dreyfus est en effet synonyme d’une erreur judiciaire qui provoqua une crise politique majeure et divisa l’opinion publique du pays en deux camps : les dreyfusards et les antidreyfusards.

Il était né le 9 octobre 1859 à Mulhouse, benjamin de neuf enfants. Lorsque l’Alsace-Lorraine devint allemande en 1871, ses parents, Raphael Dreyfus, industriel, et Jeannette Libmann-Weill, ne voulant pas prendre la nationalité allemande, partirent à Paris.

Alfred entra à l’Ecole polytechnique en 1878 et devient officier d’artillerie, avant d’intégrer l’Ecole de Guerre en 1890. La même année, il épouse Lucie Hadamard avec qui il aura deux enfants, Pierre et Jeanne, nés respectivement en 1891 et 1893.

Trois ans plus tard, on le retrouve au ministère de la guerre en tant qu’attaché à l’état-major de l’armée comme capitaine-stagiaire. En septembre 1894, le service de contre-espionnage intercepte un bordereau contenant des secrets militaires français qui aurait été envoyé à l’ambassade allemande. Les origines alsaciennes et juives d’Alfred Dreyfus le désignent aussitôt comme suspect idéal.

Le 22 décembre de la même année, dans un climat lourd d'antisémitisme alimenté par la presse, il est condamné pour trahison à la destitution de son grade, à la dégradation militaire, et à la déportation perpétuelle au bagne en Guyane. Il est dégradé le 5 janvier 1895 dans la cour d’honneur de l’Ecole militaire de Paris. Sa culpabilité ne fait alors aucun doute.

La dégradation militaire d'Alfred Dreyfus

Cependant alors qu’il croupit dans une case sur l’île du diable, le lieutenant-colonel Marie-Georges Picquart, chef du service de renseignements, découvre un autre document, le ‘petit bleu’. L’écriture identique au bordereau qui a incriminé Dreyfus lui permet de remonter à son véritable auteur : le commandant Ferdinand Walsin Esterhazy. La hiérarchie militaire tente d'étouffer l'affaire ; Picquart est chassé de l’armée et emprisonné pendant un an. Lorsqu'Esterhazy est acquitté, l’affaire Dreyfus naît. Emile Zola publie son célèbre ‘J’accuse…!’ le 13 janvier 1898 où il crie haut et fort l’innocence de Dreyfus. Zola est alors condamné pour diffamation lors d'un procès retentissant, à un an de prison et 3000 francs d'amende.

La France entière choisit son camp entre dreyfusards et antidreyfusards. Les rebondissements continuent de s’enchaîner : le colonel Henry qui avait produit des faux afin de faire accuser Dreyfus, est emprisonné et se suicide le lendemain. Alfred Dreyfus est ramené en France, rejugé et de nouveau reconnu coupable de trahison ; il est condamné à dix de prison en juin 1899. Dix jours plus tard, la grâce présidentielle lui est accordée.

Il faut attendre 1906 pour que la Cour de cassation casse le jugement sans renvoi. Alfred réintègre enfin l’armée et reçoit la Légion d’honneur.

Pendant la Première guerre mondiale, il sert comme lieutenant-colonel et voit l’Alsace-Lorraine revenir à la France.

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